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Crise du lait Les industriels « veulent rapidement une baisse des prix du lait »

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Les industriels « veulent rapidement une baisse des prix du lait », ont-ils déclaré le 7 novembre. Ils veulent trouver avec les producteurs un moyen de « coller à la réalité du marché ». Confiants dans la capacité de l’interprofession laitière à gérer la crise du prix du lait, ils ont l’espoir de rapprocher leurs points de vue prochainement sur le plan régional.

Les industriels « veulent rapidement une baisse des prix du lait », a déclaré le 7 novembre Olivier Picot, président de l’Association de la transformation laitière (Atla). De toute façon, même en l’absence d’un accord, « la réalité rattrapera toute la filière ». La réalité, ce sont, pour les industriels, « des stocks de poudre et de beurre qui s’accumulent et se déprécient ».

Il faut une meilleure réactivité des prix

S’adressant indirectement aux producteurs, le président d’Atla a insisté sur la nécessité d’une meilleure réactivité des prix du lait par rapport au marché. Les producteurs ont bien répondu à l’appel de la transformation, quand celle-ci déplorait le manque de lait sur le marché au niveau mondial. Ils ont répondu tant et si bien que la collecte laitière a augmenté de 800 millions de litres de lait au premier semestre 2008. « Nous avons été les premiers surpris » par la rapidité de la réponse de la production.

Le prix du lait payé aux producteurs continue sa tendance de hausse avec retard par rapport à l’évolution des prix des produits finis sur les marchés mondiaux : après + 8% entre 2006 et 2007, on prévoit + 17% entre 2007 et 2008, selon Atla. Si le lait était payé aux producteurs au prorata de la valorisation du beurre et de la poudre, « son prix serait actuellement de 200 euros les mille litres de lait », selon Atla. « Ce que nous devrons chercher avec les producteurs, c’est de coller à la réalité du marché », selon Jean Moreau, co-directeur d’Atla, pointant comme solution la contractualisation, comme celle que pratique Bonduelle avec les producteurs de légumes d’industrie.

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« Jouons la carte de l’interprofession »

Faut-il revenir aux régulations de l’économie laitière par l’État ? Interrogé sur ce point, Olivier Picot a répondu que c’est « illusoire ». La tendance est au contraire à l’effacement de l’État, ou plutôt, en l’occurrence, au démantèlement des mécanismes européens de régulation des marchés. « Jouons la carte de l’interprofession. Nous nous sommes battus contre la DGCCRF DGCCRF : Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.pendant des mois et avons réussi à la convaincre que l’interprofession est fondée à gérer la crise. Nous sommes aujourd’hui très confiants dans la capacité de l’interprofession à jouer son rôle sur le marché du lait » , a-t-il souligné.

Des informations confortant le rôle de l’interprofession dans le cadre des Criels (Centre régionaux interprofessionnels de l’économie laitière, déclinaisons régionales de l’interprofession) « sortiront » prochainement, a-t-il assuré, sans en dire davantage.