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Présidence européenne/Objectifs Les industries de l’alimentaire expriment leurs attentes de la présidence chypriote

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La mise en œuvre des recommandations du Groupe de haut niveau pour une chaîne alimentaire plus performante et un meilleur accès au marché international pour les entreprises agroalimentaires européennes sont au centre des priorités que vient de présenter l’industrie alimentaire européenne à la nouvelle présidence chypriote de l’Union pour les six mois à venir.

Alors que Chypre va prendre la suite du Danemark à la présidence de l’Union européenne, FoodDrinkEurope, le lobby de l’industrie alimentaire européenne, a présenté le 2 juillet 2012 les priorités de ses membres. Un exercice auquel il se livre à chaque nouvelle présidence. Priorités qui globalement demandent aux responsables chypriotes de poursuivre les efforts engagés pour soutenir « un environnement règlementaire propice à l’innovation et la recherche et le développement en vue d’accroître la compétitivité de l’industrie alimentaire et des boissons et de développer sa position de premier secteur exportateur européen vers les pays tiers ». Plus concrètement, l’industrie alimentaire demande aux responsables chypriotes d’œuvrer à la mise en œuvre plus poussée des 30 recommandations du Groupe de haut niveau pour une chaîne alimentaire plus performante (aujourd’hui traitées dans le cadre du Forum de haut niveau-FHN) et de s’attaquer aux problèmes alimentaires de la chaîne logistique, notamment à travers la plate-forme B2B des relations contractuelles. FoodDrinkEurope demande en outre à la présidence chypriote de soutenir la prorogation du mandat du FHN au delà de 2012, afin de permettre au secteur alimentaire et des boissons de mettre en œuvre une approche plus intégrée en vue de réaliser les objectifs de la stratégie « UE 2020 » pour le secteur alimentaire. FoodDrinkEurope demande également aux Chypriotes de prendre en considération les éléments relatifs à la « Vision vers 2030 de l’industrie alimentaire », document qui reprend les progrès déjà réalisés par les opérateurs alimentaires dans l’approvisionnement durable, l’efficacité des ressources le long de la chaîne alimentaire et dans la consommation et de production durables. Un texte qui met également en évidence les défis et les opportunités d’une « croissance verte ». La nouvelle présidence de l’UE est invitée à faire tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter les actions futures afin d’assurer que la « Vision vers 2030 » de l’industrie « va dans la bonne direction pour répondre aux défis environnementaux ».

Booster les échanges commerciaux
Rappelant que les exportations de l’industrie alimentaire et des boissons se montent à environ 65,3 milliards d’euros en produits alimentaires et en boissons vers les pays tiers et qu’elles génèrent une balance commerciale positive d’environ 10 milliards d’euros, l’industrie européenne se tourne vers la nouvelle présidence de l’UE pour l’inciter à promouvoir les perspectives commerciales pour son secteur et à maintenir un système commercial multilatéral fort. Plus concrètement, il lui est demandé d’œuvrer à la mise en œuvre de l’Accord de libre échange avec l’Ukraine et d’apporter son ferme soutien à un accord similaire avec le Japon.

La PAC et l’accès aux matières premières
L’industrie alimentaire souligne la nécessité pour ses entreprises d’accéder à un approvisionnement « sûr et adéquat à des matières premières agricoles de haute qualité » et estime que la réforme de la Pac représente « un élément central pour atteindre cet objectif, étant donné que les opérateurs achètent et traitent 70% de la production agricole européenne ». FoodDrinkEurope appelle de ses vœux une future Pac avec plus de sécurité pour les approvisionnements de l’industrie, avec plus de durabilité et plus orientée vers le marché ». L’industrie souhaite par ailleurs mettre l’accent sur l’importance des PME actives dans le secteur alimentaire en Europe(sur les 274 000 entreprises alimentaires et de boissons en Europe, 99,1% seraient des PME) qui génèrent un chiffre d’affaires de 48,7% et près des deux tiers de l’emploi du secteur. FoodDrinkEurope demande en conséquence à la présidence chypriote de donner la priorité à la proposition de la Commission européenne visant à aider les PME à bénéficier d’un meilleur accès aux marchés durant les six prochains mois.

Ajout de nutriments aux aliments
L’industrie regrette qu’il n’existe actuellement aucune harmonisation au niveau de l’UE en ce qui concerne l’adjonction de vitamines et de minéraux aux denrées alimentaires. Idem pour les teneurs maximales pour les vitamines et les minéraux « qui n’ont pas encore été établies, comme indiqué dans le règlement 1925/2006 sur l’adjonction de vitamines, de minéraux et de certaines autres substances aux denrées alimentaires ». FoodDrinkEurope considère que « l’application de teneurs maximales autorisées différentes de vitamines et de minéraux dans les États membres est à l’origine de problèmes pour la libre circulation de ces produits sur le marché européen ». Sans compter les « coûts additionnels importants et la complexité du processus de production pour les fabricants européens ». Pour cette raison, l’industrie alimentaire et des boissons demande instamment à Chypre et à la Commission européenne « d’accorder la priorité à la fixation des montants maximaux pour les vitamines et minéraux au cours des six prochains mois ».

Présenter une nouvelle proposition de règlement sur les « nouveaux aliments »
FoodDrinkEurope déplore l’échec en 2011 des Etats membres à parvenir à un accord sur le règlement relatif aux nouveaux aliments. Le lobby de l’industrie estime qu’un tel accord aurait « encouragé l’innovation dans l’industrie alimentaire et des boissons, permis l’offre d’un plus grand choix aux consommateurs et facilité l’accès au marché pour les nouveaux aliments ». En conséquence, la présidence chypriote est invitée à « encourager la Commission européenne à présenter une nouvelle proposition, y compris les éléments déjà convenus ainsi que l’introduction d’une procédure de notification pour les nouveaux aliments pour lesquels une utilisation prolongée est demandée, dès que possible ».

Une définition pour les nanomatériaux
Comme il aime à le répéter à chaque occasion, le lobby de l’industrie considère que la nanotechnologie dans l’industrie alimentaire et des boissons en Europe « n’est encore qu’au stade de la R & D » et que toute décision d’utiliser ce type de nouvelles technologies « sera toujours basée sur la recherche scientifique, la conformité réglementaire et l’acceptation des consommateurs ». FoodDrinkEurope demande instamment que si des modifications devaient être apportées à l’actuelle recommandation de la Commission sur une définition des nanomatériaux (comme cela est prévu dans l’accord sur le règlement 1169/2011 sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires du 25 octobre 2011), « cela devrait être fait sans délai, de manière à s’assurer qu’une définition révisée puisse être incluse dans la proposition attendue d’une nouvelle réglementation sur les nouveaux aliments ». Les discussions sur la mise en œuvre des mesures prévues dans ce dernier « règlement complexe » devraient inclure la participation des exploitants du secteur alimentaire et des boissons « en tant qu’acteurs clés » notamment en ce qui concerne « le large éventail de questions qui touchent directement les entreprises ». En outre, l’industrie souligne « des doutes qui subsistent quant à l’interprétation et à la mise en œuvre de ce règlement » et exhorte Chypre et les autres États membres « à s’accorder sur une interprétation harmonisée ».

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