Abonné

Sucre/Quotas Les industries utilisatrices de sucre dénoncent la prolongation des quotas

- - 2 min

Dans un communiqué commun, pas moins de six organisations des entreprises utilisatrices de sucre (1) s’inquiètent des conséquences de la décision du Conseil agriculture de ne pas maintenir la date de 2015 pour l’abolition des quotas de production sucrière, ainsi que les ministres européens en avaient pourtant décidé lors de la réforme de 2006 et comme la Commission européenne l’avait proposé. Néanmoins, les utilisateurs de sucre saluent l’accord du Conseil sur une date définitive de fin des quotas de production sucrière et qu’il ne donne pas mandat pour négocier une prolongation jusqu’en 2020, comme l’avait proposé le Parlement européen. Ils disent comprendre ce compromis politique mais « soulignent qu’en terme économique, chaque année supplémentaire sous le régime des quotas signifie une perte de compétitivité des entreprises européennes, en particulier des PME, et autant de pertes de débouchés internationaux, qui ne pourront plus être reconquis ». Florence Pradier, directrice générale d’Alliance7, nous indique que « le système des quotas avait un sens pour gérer des excédents de production, ce qui n’est plus le cas, l’Europe n’étant plus autosuffisante qu’à 80% ». Les industriels ne peuvent pas se développer car « ils manquent à la fois de disponibilités et de visibilité pour savoir s’ils pourront fabriquer ». S’ils doivent s’approvisionner sur les marchés mondiaux, ils sont soumis à des taxes à l’importation de 471 € par tonne. « En cas de tension trop vive, la Commission européenne peut certes prendre des mesures exceptionnelles, mais elles arrivent trop tard et au compte-goutte ». Cette situation conduit notamment les grandes surfaces à s’approvisionner pour leurs premiers prix auprès de producteurs étrangers qui se fournissent en sucre aux cours mondiaux, moins élevés (en janvier, le prix européen s’établissait à 738 € contre 375 € pour le prix mondial). Les industries françaises ont du mal à résister à cette concurrence et redoutent une délocalisation des productions, notamment des confiseries et chocolats.

(1) L’Alliance 7 (Fédération des produits de l’épicerie), Adepale (Association des entreprises de produits alimentaires élaborés), SFIC (Syndicat des fabricants industriels de glaces, sorbets et crèmes), Les Sirops, Alliance des boissons sans alcool, Fédération française des spiritueux.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre