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Réseaux d’épidémiosurveillance Les instituts techniques prêts à démarrer sur le terrain

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En réflexion depuis 2007 au sein de quatre instituts techniques, le réseau d’observation et d’analyse de risque Vigicultures a réuni 150 partenaires en 2008. Ils se sont pour la grande majorité montrés satisfaits du dispositif. Celui-ci semble offrir une alternative intéressante aux avertissements agricoles et sera renforcé en 2009.

«Nous sommes prêts à démarrer dès 2009 », a indiqué Fabien Lagarde, directeur technique du Cetiom, le 11 février, lors d’une conférence de presse sur le dispositif Vigicultures. Autrement dit, les instituts techniques sont prêts ou presque à prendre la succession des avertissements agricoles.

Démarche initiée voici 18 mois par quatre instituts techniques (Arvalis, cetiom, ITB et ITL), Vigicultures s’inscrit dans la logique du futur réseau d’épidémio-surveillance du territoire voulu par le Grenelle de l’environnement et en train de s’organiser sur le terrain. Selon les instituts, le dispositif doit permettre de « surveiller et identifier les bio-agresseurs en temps réel, évaluer les risques pour les cultures et alerter les opérateurs de terrain et les agriculteurs pour cibler précisément les interventions de protection des cultures ». Objectif : produire un système efficace. « Ce ne sont pas les avertissements agricoles des années 50, ni ceux des années 2000 que nous souhaitions faire, a expliqué Jean-Paul Renoux, responsable maïs chez Arvalis. Notre réflexion a porté dès le début sur la vitesse de réaction par rapport aux parasites ». C’est pour Arvalis l’élément au cœur de la modernisation des avertissements.

Tout en ligne

Les instituts ont donc centré une bonne partie de leurs efforts sur le système d’information. Vigicultures permet à tous les partenaires qui adhèrent au projet de rentrer quasiment en direct les observations faites sur le terrain, via un site internet accessible sur ordinateur ou dans une forme simplifiée sur un téléphone portable. Chaque observateur dispose d’un code d’accès qui lui permet de gérer les parcelles qu’il doit suivre, positionnées selon leurs coordonnées GPS. Il entre des notations standardisées selon des protocoles d’observation tous disponibles en ligne. Le Cetiom, qui s’est concentré sur la protection fongicide à floraison, a par exemple mis en réseau son « kit fleurs », qui permet de mesurer le risque sclérotinia par décoloration. Pour signaler l’émergence d’un ravageur ou un problème particulier sur d’autres parcelles que celles qu’il est habilité à suivre, l’observateur dispose d’un volet « parcelles flottantes ».

Les instituts assurent une validation

Les instituts se chargent ensuite de valider les données recueillies, via des « régulateurs » qui ont accès à l’ensemble des données de toutes les zones. L’analyse de risque est réalisée par quelques experts dans chaque région. Les informations sont ensuite redistribuées dans leur intégralité aux contributeurs du réseau. Selon les choix faits dans les filières, elles peuvent être diffusées plus largement. L’ITB a décidé de mettre en ligne l’intégralité des renseignements. Le Cetiom propose un bulletin contenant des informations plus dégradées que celles envoyées à ses partenaires. Pour le moment, ce sont les instituts et les opérateurs qui assument les charges du dispositif. Pour la mise à disposition de son kit fleurs aux observateurs en 2009, le Cetiom a par exemple prévu un budget de 15 000 euros afin de faire « décoller » le projet.

Un réseau qui satisfait les partenaires

En 2008, Vigicultures a réuni 150 partenaires qui ont réalisé 25 000 observations dans six cultures (blé tendre d’hiver, blé dur, betterave, colza, lin, maïs). Que ce soit en betterave, où le dispositif Résobet-Fongi existe depuis 2007, en colza ou en blé, les opérateurs ayant participé au réseau se sont montrés à une très large majorité satisfaits du système et des résultats obtenus.

Pour 2009, des améliorations seront ponctuellement apportées. Le Cetiom et l’ITB vont « mettre la pression » sur les observateurs pour qu’ils saisissent les informations par voie informatique, seul moyen d’être le plus rapide possible. De son côté, Arvalis va réaliser des comptages à l’automne pour améliorer son efficacité sur les foreurs du maïs. « Nous prévoyons un déploiement total sur toutes les régions qui voudront travailler avec nous », a signalé Fabien Lagarde. Pour l’instant, le réseau fait ses « offres de service ».