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Industrie agroalimentaire Les investissements chuteraient de 13% en 2009

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Les investissements des industries agroalimentaires (IAA) risquent de chuter de 13% en 2009, a indiqué Jean-René Buisson, le président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), lors d’une conférence de presse le 27 avril.

La crise financière, puis économique, commence à toucher l’industrie agroalimentaire. Les investissements des IAA pourraient fléchir de 13% en 2009, a indiqué le président de l’Ania, lors d’une conférence de presse sur l’actualité du secteur.

Jusque là, les investissements de l’industrie agroalimentaire avaient bien résisté. Ils avaient encore augmenté de 4% en 2008 par rapport à 2007. Mais le resserrement du crédit, phénomène survenu à l’automne, interrompt la dynamique du secteur.

L’assurance-crédit, sujet de préoccupation numéro un

« Environ 35% des entreprises agroalimentaires ont des difficultés de crédit avec les banques », selon Jean-René Buisson. « Notre vrai sujet d’inquiétude n’est pas celui du tassement de la consommation alimentaire, mais celui de l’assèchement de l’assurance-crédit », a-t-il remis en perspective.

Mais le président de l’Ania ne veut pas céder au pessimisme. « Nous n’avons pas entendu parler de fermetures massives de sites industriels ni de plans sociaux comparables à ceux qui ont lieu dans d’autres secteurs de l’économie », a-t-il fait remarquer, en dehors de cas particulièrement emblématiques comme la fermeture de l’usine de moutarde d’Amora à Dijon. Pour l’instant, « la Bérézina que l’on craignait sur les IAA ne s’est pas produite ». L’heure de vérité sera après l’été, quand une année pleine se sera passée après le début de la crise financière.

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Pour Jean-René Buisson, en tout cas, les conditions d’une reprise sont là : « La consommation se maintient et nous ne voyons aucune raison de penser qu’elle ne se maintiendra pas dans les mois qui viennent ».

Embauche : une convention prochaine avec les pouvoirs publics

Un autre sujet de préoccupation du secteur, à long terme, est celui du recrutement des salariés. Les IAA manquent déjà de 10 000 salariés. Ce déficit devrait s’aggraver de 6 000 personnes par an en raison des départs à la retraite. L’Ania compte saisir l’opportunité du plan de Nicolas Sarkozy pour l’emploi des jeunes et de l’essor de l’apprentissage pour embaucher. Des exemples, comme en Alsace, montrent que « l’apprentissage, ça marche », a assuré Jean-René Buisson.

Pour aller plus loin dans ce sens, les dirigeants de l’Ania ont rencontré récemment Martin Hirsch, haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, pour favoriser l’embauche de personnes en difficultés d’insertion. Une convention avec les pouvoirs publics sera prochainement annoncée, a promis Jean-René Buisson. En outre, l’Ania prépare avec Martin Hirsch des actions pour promouvoir les métiers de l’agroalimentaire et montrer que la réalité de l’emploi en industrie alimentaire, « ce n’est pas que le travail dans les abattoirs ».

L’Ania organisera pour la première fois un séminaire sur l’emploi en agroalimentaire. Il se tiendra à la mi-mai. Par ailleurs, comme la recherche et l’innovation « sont des leviers très puissants de compétitivité pour les entreprises agroalimentaires », l’Ania participera pour la première fois au Salon européen de la recherche et de l’innovation (Seri) qui se tiendra à Paris, porte de Versailles, du 3 au 5 juin.