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Relations producteurs-distributeurs Les JA prêts à faire monter la pression si les GMS ne font pas un effort

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Les Jeunes Agriculteurs (JA) menacent de faire « monter la pression » si les grandes et moyennes surfaces (GMS) ne font pas un effort en s’engageant sur des hausses de prix des principaux produits issus de l’élevage, a déclaré leur président, François Thabuis, lors d’une conférence de presse le 2 avril.

Les JA demandent instamment aux grandes enseignes de distribution de s’engager sur des hausses de prix des principaux produits issus de l’élevage. Si certaines d’entre elles « ne jouent pas le jeu, nous ferons monter la pression », a souligné le président des JA.
Vu l’urgence de la situation des éleveurs, les JA attendent ces engagements de hausse avant la fin du mois, et se donnent jusqu’au 12 avril pour faire la tournée des enseignes et recueillir leurs intentions.

Les JA ne peuvent attendre plus longtemps

La date du 12 avril correspond à la journée de mobilisation des FDSEA sur tout le territoire français pour faire de l’élevage une cause nationale. Cette échéance très proche s’explique aussi par la proximité de rendez-vous entre fournisseurs et distributeurs annoncés par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll : une rencontre entre producteurs de lait, transformateurs laitiers et distributeurs le 8 avril, une rencontre similaire pour le secteur du porc le 15 et une autre pour le secteur de la volaille le 18.
Cette proximité de l’échéance s’explique aussi par l’urgence économique : « Depuis la LME, les distributeurs ne veulent plus entendre parler de hausses de prix. Nous ne pouvons plus répercuter les hausses de coûts de production. Nous ne pouvons pas attendre la campagne tarifaire de l’an prochain pour obtenir des hausses, sinon il y aura trop de casse chez les producteurs », a justifié François Thabuis.
Il faudrait, selon les Jeunes agriculteurs, une hausse de 2 à 3 centimes par litre de lait, 50 centimes par kilo de carcasse de viande bovine, 6 centimes pour les 200 grammes d’emmental et de camembert et 1,3 centime pour les quatre yaourts.
La grande distribution « est prête à faire preuve de bonnes intentions sur les négociations commerciales, mais après les paroles, nous verrons si les enseignes jouent le jeu », a complété Gaël Gautier, secrétaire général des JA.

Dans le viseur, la révision de la LME

Cette mobilisation d’avril n’est qu’un des volets d’un plan d’action que les JA ont dévoilé sur le thème des relations entre producteurs et distributeurs. En effet, après cette action pour le court terme, l’organisation se mobilisera sur le moyen terme, avec dans le viseur la réforme de la loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008, qui avait notamment donné aux distributeurs le pouvoir de négocier les tarifs de leurs fournisseurs. « Nous avons une attente très forte : que le débat sur la révision de la LME soit ouvert », dans le sens d’un rééquilibrage des prix au profit des producteurs, a indiqué Gaël Gautier.
Un troisième volet est la refonte des modes de distribution à long terme. « Nous, jeunes agriculteurs, devons nous impliquer dans la valeur ajoutée de nos produits. Notre ambition est d’être présents sur tout le territoire à proximité des consommateurs », a souligné Thomas Diemer, trésorier des JA et producteur pour la vente directe. Depuis huit mois, les JA réfléchissent avec des collectivités territoriales, des coopératives, des représentants de consommateurs, à de nouveaux modes de commercialisation de proximité, entre autres sur l’exemple des marchés forains et des drives fermiers.

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