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Les Jardins de l'Orbrie vont tripler leur capacité de production

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Basé à Bressuire, le spécialiste des jus de fruits et pétillants naturels investit 8 M€ pour augmenter ses capacités de production et satisfaire une forte demande, qui devrait lui permettre d'atteindre un chiffre d'affaires de 10 M€ en 2019 (+38%).

Président-fondateur des Jardins de l'Orbrie, créés à Bressuire (Deux-Sèvres) en 2001, Alain Péridy enchaîne les investissements pour développer les capacités de production de son atelier de pressage de jus de fruits et pétillants naturels. "Nous consacrons actuellement 8 M€ pour faire passer notre capacité d'extraction de 8 000 à 20 000 tonnes par an, quadrupler l'embouteillage grâce à la création d'une deuxième ligne qui traitera 40 000 à 50 000 bouteilles par jour, créer 1 000 m2 supplémentaires d'entrepôt et doubler notre stockage en cuverie à 6 000 hectolitres, sans oublier l'extension des locaux sociaux", précise-t-il.

En cours de réalisation par tranches successives, dont les mises en service s'étaleront jusqu'au printemps 2020, ces travaux sont financés par emprunt auprès d'un pool de cinq banques locales et doivent bénéficier de 900 000 € de subventions du Feder, correspondant à 25% des investissements matériels. À l'issue de cet agrandissement (le quatrième en dix ans), les locaux de cette PME de 56 salariés (20 embauches cette année) occuperont 8 000 m2 bâtis sur un terrain de 37 000 m2, disposant de réserves pour de futures extensions.

Dix millions de cols par an

Arboriculteur dans les années 1990, implanté sur 20 hectares de vergers au lieu-dit de l'Orbrie (pommes, poires et cerises), Alain Péridy a eu l'idée de diversifier son activité en créant un premier atelier de pressage en 2001 rapidement complété, en 2005, par la production de jus pétillants pour se différencier de la concurrence. Dotés d'un outil très polyvalent, capable de produire des séries de 10 000 jusqu'à un million de cols, avec des méthodes de production artisanales (cueillettes à la main) pour préserver la naturalité des fruits, pressés à froid, sans conservateur, colorant et sucre ajouté, et avec une démarche anti-gaspillage (pommes et fruits issus des écarts de tri), les Jardins de l'Orbrie proposent des jus et pétillants à sa marque éponyme (devenue Cœur' de Pom en 2010) et à façon. "Cœur' de Pom représente aujourd'hui 25 à 30% de notre chiffre d'affaires qui devrait atteindre 10 M€ fin 2019 (+38% par rapport à 2018), le reste correspondant aux activités réalisées à façon pour des clients de plus en plus nombreux qui peuvent sous-traiter la totalité des étapes de fabrication (pressage, embouteillage et étiquetage) ou une ou deux d'entre elles. Cette année, toutes activités confondues, nous produirons 10 millions de bouteilles", explique Alain Péridy.

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Cœur' de Pom comprend deux gammes de produits : 15 références de jus de pommes mono ou multivariétales, de jus bi-fruits associant la pomme à la poire, la rhubarbe, le coing, le raisin ou le pruneau, de jus de raisin, ainsi que 10 références de pétillants avec et sans alcool. Le site produit également du cidre, des infusions à base de fruits et de la limonade, le tout dans plusieurs formats : bouteille d'un litre, de 75 cl pour les effervescents, pack de 3 x 27,5 cl et Bag-in-Box de 3 litres. Le succès des Jardins de l'Orbrie, dont le capital est détenu à 63% par Alain Péridy et sa famille, 20% par des cadres de l'entreprise et 17% par Océan Participations du Crédit Mutuel, s'explique aussi par les attentes de plus en plus fortes des clients en termes de naturalité et de transparence sur la composition des produits qu'ils consomment. Régulièrement médaillés au Concours général agricole, primés Saveur de l'année 2017, ses jus et pétillants ont vu quatre de leurs références (labellisés Bee Friendly et Zéro Résidu de Pesticides) désignées lauréates dans la catégorie boissons des éditions 2018 et 2019 du Salon national Auchan-Feef. Ce qui assure à Cœur' de Pom une visibilité accrue en rayon.

ZRP, un label de producteurs

Entre l'agriculture conventionnelle et le bio, il existe peut-être une troisième voie. C'est du moins le pari d'un collectif de producteurs réunis au sein de l'association Nouveaux Champs depuis début 2018 pour valoriser le label Zéro Résidu de Pesticides (ZRP). "Nous sommes actuellement 60 adhérents, dont 22 nouveaux entrants en 2019, qui représentent 5 000 producteurs majoritairement de fruits et légumes frais et transformés, et depuis peu de céréales et de la viticulture. Notre but est de valoriser des pratiques culturales alternatives, les plus économes possible en pesticides voire n'en utilisant pas du tout", explique Gilles Bertrandias, président de Nouveaux Champs et directeur général de la SAS Rougeline basée à Marmande (200 producteurs des trois régions du quart sud-est de la France, CA : 135 M€). Chaque adhérent (coût moyen d'adhésion 5 000 €/an) doit faire analyser à ses frais ses lots de production par un laboratoire indépendant certifié Cofrac pour bénéficier de ce label indépendant, s'engageant à garantir l'absence de résidus de pesticides, ce qui ne veut pas dire qu'il s'en interdit l'usage de manière raisonnée. "Le label ZRP représente un engagement de transparence vis-à-vis de consommateurs de plus en plus attentifs à la qualité et l'origine de ce qu'ils mangent et, contrairement à la certification Bio qui représente un engagement de moyen, il propose un engagement de résultat", assure Gilles Bertrandias.