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Fertilisation minérale Les livraisons d’engrais en retrait de 10 % en 2005/2006

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Alors que la campagne commerciale 2005/2006 est quasiment terminée, l’union des industries de la fertilisation estime que les livraisons d’engrais en France ont reculé de 10 %. C’est la potasse qui recule le plus.

Selon l’Unifa, union des industries de la fertilisation, il est désormais clair que les livraisons d’engrais sur la campagne 2005-2006 seront en retrait par rapport à la campagne précédente. Les livraisons du mois de mars 2006 confirment le recul observé depuis plusieurs mois sur l’ensemble des types d’engrais, et le retard ne pourra désormais plus être rattrapé sur la fin de campagne 2005-2006. Les livraisons de la totalité des fertilisants minéraux ont reculé de 10 % entre le début de la campagne commerciale 2005/2006 (1er juin 2005 pour l’azote et 1er mai 2005 pour le phosphore et la potasse) et la fin mars 2006. Plus précisément, les engrais azotés ont diminué de 7 %, les phosphates de 10 % et la potasse de 14 %.

L’Unifa explique que le recul des livraisons d’engrais azoté est dû en partie aux conditions climatiques froides sur la fin de l’hiver, ce qui a retardé d’environ un mois la reprise de végétation au printemps, ainsi que les applications. A cela s’ajoutent de forts reliquats d’azote à la sortie de l’hiver qui ont conduit à des diminutions de doses d’azote. L’effet « prix » a aussi joué. Les engrais azotés ont augmenté de 8,5 % en un an (de mars 2005 à mars 2006), en raison de la hausse du prix du pétrole.

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P et K : la tendance baissière se prolonge

Les prix des engrais potassiques ont, eux aussi, augmenté de 7,5 %, alors que ceux des engrais phosphatés de 2 %. Ces fertilisants minéraux de fond pâtissent eux aussi de la hausse du prix des engrais azotés car les agriculteurs privilégient le budget consacré à l’azote afin de s’assurer un rendement. En fait, cette baisse du phosphore et du potasse en 2005/2006 prolonge la tendance de réduction des apports d’engrais engagée depuis le début des années 90. Selon l’Unifa, les apports de P et K ont reculé de 50 % depuis 10 ans. Si cette baisse était justifiée agronomiquement il y a quelques années parce que les sols étaient trop riches, l’Unifa considère qu’aujourd’hui, les apports sont inférieurs aux exportations par les plantes cultivées. « Nous pensions être arrivés à un plancher, mais ce n’est pas encore le cas », souligne-t-on à l’Unifa.