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Les maïsiculteurs européens prêts à garantir l'autosuffisance

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La CEPM (Confédération européenne de la production de maïs) a émis l'idée le 23 novembre de garantir l'autosuffisance de l'UE en maïs, à condition d'obtenir « des réponses à la volatilité des marchés ». Elle a affirmé, lors des Journées maïs à Avignon, son souhait d'un système assurantiel dans la future Pac.

« Est-ce qu'on ne peut pas se fixer comme objectif de produire ces 10 millions de tonnes de maïs que nous importons ? », dans l'Union européenne, a lancé le président Daniel Peyraube. réclamant pour cela de pouvoir « se protéger des aléas ». Et de citer l'exemple des Etats-Unis, où les producteurs peuvent compter sur « (des aides) contracycliques, l'assurance, la fiscalité, l'innovation ».

L'exemple américain

Lors d'une table ronde durant les Journées maïs à Avignon, le consultant Ralph Ichter (Euroconsultants) a souligné le succès du système d'assurance américain, qui couvre jusqu'à 85 % des surfaces agricoles. L'explication de cette réussite vient d'« un partenariat public-privé fort », selon lui. Interrogés sur les outils pour préserver le revenu des maïsiculteurs européens, les participants à l'assemblée ont fustigé la politique menée à Bruxelles. « Je suis partisan de s'inspirer de la méthode américaine », a déclaré Christian Pèes, président du think-tank Momagri. Il a appelé à remettre en cause les aides directes : « Le budget de la Pac sera beaucoup moins attaquable ». Max Shulman, président du groupe de travail céréales au Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l'UE), s'est aussi déclaré favorable à la construction d'une politique assurantielle européenne.

Accès aux facteurs de production

Hormis l'idée de protéger les agriculteurs vis-à-vis des aléas, Daniel Peyraube, qui chapeaute aussi l'AGPM (producteurs de maïs) en France, a défendu l'accès aux facteurs de production. « Pourquoi y a-t-il entre nous des distorsions ?», a-t-il lancé, se comparant avec les producteurs d'outre-Atlantique et d'Asie. En cause, des produits de protection des plantes « qui nous sont confisqués », des nouvelles techniques de sélection végétale dont les maïsiculteurs européens aimeraient profiter.

La CEPM a par ailleurs exprimé « la volonté de défendre la contractualisation » qui permet d'« avoir des exploitations robustes, qui peuvent affronter les crises avec un peu plus de sérénité », selon Daniel Peyraube.

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« Il faut se protéger des aléas », a martelé Daniel Peyraube

Semences de maïs : le plan de production devrait à nouveau baisser en 2017

Les professionnels des semences de maïs tablent sur une nouvelle baisse du programme de multiplication 2017, ont-ils annoncé aux Journées maïs. Si la FNPSMS (interprofession) prévoit entre 55 et 60 000 ha, l'UFS (semenciers) préfère une vision arithmétique à 48 500 ha, surface répondant à l'objectif de stocks à 50 % par rapport aux utilisations. « Le plan de production devrait être en forte baisse » à 48 500 ha de maïs semences en 2017, contre 64 500 ha en 2016, a déclaré le 23 novembre Jean-Frédéric Cuny, vice-président du comité production à la section maïs et sorgho, qui vise à « retrouver la moyenne sur 10 ans d'un stock à 50 % ». La France affiche déjà un réajustement des surfaces cette année à -7,5 %, après le pic de 93 300 ha en 2014. Mais les stocks de semences devraient rester très élevés, supérieurs dans l'UE à 80 % des utilisations, d'après ses chiffres. Côté FNPSMS, les perspectives dressées le 24 novembre paraissent moins sombres pour 2017 : dans un marché du maïs « difficile » en Europe de l'Ouest, mais « stable » en Europe centrale et en « légère croissance » dans les pays tiers, l'interprofession estime que l'« impact potentiel du programme en France sera au mieux neutre ». L'horizon 2019 lui semble plus dégagé, avec une croissance des surfaces en maïs dans la zone hors UE, une stabilisation ailleurs pour un gain dans l'Hexagone entre 1 000 et 1 500 ha en multiplication de semences.

Irrigation : un ouvrage donne le point de vue des producteurs

Irrigants de France est à l'origine d'un livre argumentaire, présenté aux Journées maïs, délivrant « 10 clés pour comprendre l'irrigation en agriculture » (1). « On entend tellement de bêtises, d'idées reçues sur l'irrigation », a expliqué le co-auteur Jean-Paul Renoux, animé par la volonté de « faire connaître le point de vue des agriculteurs français et des irrigants sur la gestion de l'eau ». L'ouvrage, destiné au plus grand nombre, aborde autour de 10 points clés les aspects techniques et pratiques de l'irrigation en les resituant dans un contexte historique et géographique. Il souligne un fait admis par une majorité de l'opinion : « L'eau ne manque pas en France ». Et Jean-Paul Renoux de relever que les précipitations du mois de mai 2016, qui ont provoqué de graves inondations, représentent 300 fois le volume d'eau que les agriculteurs demandent pour des projets de retenues. « C'est presque facile de défendre le stockage », a-t-il lâché, convaincu des impacts positifs en termes d'hydraulique et gestion de l'eau, d'efficience agronomique et environnement, d'économie et compétitivité des territoires, de résilience et autonomie des exploitations, de biodiversité, ainsi que d'apaisement des conflits d'usage.

(1) Ed. France Agricole