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Les marques nationales veulent profiter de l’essor du vrac alimentaire

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Les produits en vrac sont bien souvent des produits sans marques. Une situation à laquelle les industriels détenteurs de marques nationales veulent remédier pour profiter des belles perspectives de ce canal de distribution.

Si le développement du vrac est rapide, il se fait souvent au détriment des marques qui ont grandi et se sont imposées dans la grande distribution en tant que produits emballés. Mais elles n’ont pas dit pour autant leur dernier mot et souhaitent désormais se vendre sous forme de produits en vrac tout en restant présentes à l’esprit des consommateurs. C’est ainsi qu’est né le projet All 4 Bulk (tout pour le vrac) consistant à faire une place aux marques nationales dans les supermarchés. Au total, 25 références de 12 marques (Ancel, Bénénuts, Carambar, Carte Noire, Ebly, Kellogg’s, Lutti, Panzani, Taureau Ailé, Uncle Ben’s, Verival et Vichy) sont proposées depuis le 30 octobre dans un premier magasin Franprix, pour une offre répartie entre 5 catégories : bonbons, apéritifs, petit-déjeuner, féculents et légumineuses. Depuis ce lancement, quatre magasins proposent des produits de marques en vrac, entre 25 à 36 références en fonction de la taille du magasin. L’expérimentation doit durer jusqu’au 31 mai 2021.

Plusieurs opérateurs sont impliqués dans cette expérimentation. Les industriels livrent en gros conditionnements le logisticien « FM Logistic, qui reconditionne les produits en trémies ou bacs à pelle en carton recyclable, puis les livre aux magasins. Lesquels mettent en rayon les trémies ou bacs, sans manipulation des produits, dans un meuble spécialement conçu », indique l’Ilec. Ultéria participe au projet en tant qu’installateur de rayons vrac.

Quel modèle économique pour le vrac ?

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Un des principaux enjeux est de trouver un modèle viable pour les marques peu habituées à se présenter en vrac auprès des consommateurs. « Plusieurs études ont été lancées autour de cette expérimentation, pour en évaluer la pertinence logistique et environnementale, l’intérêt des consommateurs tant pour le modèle que pour les produits proposés (étude conduite avec Citeo), et affiner le modèle économique, son équilibre étant encore à trouver, en vue d’un déploiement plus large », relève l’Ilec dans un communiqué daté du 18 février. Surtout que Franprix et les industriels participants « s’engagent à ce que ces produits soient vendus au même prix ou un peu moins chers (5 % environ) que leurs équivalents emballés », selon un communiqué du distributeur.

Les dernières projections de développement du vrac, la multiplication des silos dans les grandes surfaces et les magasins bio, et le nombre grandissant d’enseignes spécialisées dans le vrac renforcent l’intérêt des industriels pour ce nouveau mode de distribution. Selon Réseau Vrac, le marché des produits sans emballage a dépassé le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2019 en France, et prévoit d’atteindre 3,2 milliards d’euros de ventes en 2022. Les pouvoirs publics appuient ce mode de distribution à faible impact environnemental (notamment sur la question des emballages) : ainsi le projet de loi Climat et Résilience, présenté le 10 février en conseil des ministres, fixe un objectif (d’ici 2030) de 20 % de la surface de vente consacrée au vrac dans les commerces de plus de 400 m2.