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Marchés financiers Les matières premières à nouveau dans le viseur des investisseurs

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Sur la fin de l’année 2012, de février à juin précisément, la profitabilité des matières premières, au sens large, a été moindre, pour les investisseurs financiers sur les marchés à terme, que celle du marché des actions. Un constat dressé par Stéphane Wrobel, président-directeur général de Diapason Commodities Management, une société suisse de gestion de capital spécialisée sur la matières premières. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse chez Euronext à Paris le 15 janvier.

Malgré un léger reflux des fonds d’investissement sur les marchés à terme de matières premières agricoles dans le monde en 2012, les volumes de contrats traités sur le marché à terme des matières premières agricoles à Paris, Nyse Liffe, a progressé de 21% sur l’année passée. Des chiffres délivrés lors d’une conférence de presse le 15 janvier chez Euronext à Paris.

Les investisseurs financiers ont suspendu leur présence

« De février à juin 2012, les marchés actions étaient plus profitables que ceux des matières premières », expliquait Stéphane Wrobel, p.-d.g. de Diapason Commodities Management. Une pause dans un cycle haussier des matières premières qui dure depuis sept à dix ans et devrait se poursuivre aussi longtemps, selon lui. La dernière interruption de profitabilité pour les matières premières datait de 2008 avec la crise économique. Mais les politiques de « quantitative easing », soit d’assouplissement quantitatif de la monnaie en circulation, qui ont suivi ont engendré de l’inflation, dégradant la valeur des actions sur leurs marchés. Ceci a, à nouveau, rendu profitables les marchés de matières premières vis-à-vis des actions. D’autant que la structure de production des matières premières a encore du mal à aller cherche la demande, et les producteurs ont un temps de réponse long, souligne Stéphane Wrobel. Mais l’explication de la baisse de la présence des investisseurs financiers sur les matières premières en 2012 prendrait sa source en 2011, selon Stéphane Wrobel.

La Chine a ralenti volontairement son activité

« Début 2011, les printemps arabes faisant suite à une forte hausse des cours du blé ont fait peur à la Chine », explique Stéphane Wrobel. « Face à cette situation, la Chine aurait volontairement ralenti son activité pour éviter une bulle immobilière, ainsi qu’une trop forte inflation alimentaire, source de tensions sociales », affirme-t-il. Pour y arriver, le pays aurait, à cette période, fait baisser l’offre de crédit. « Cette situation a pesé sur les marchés des matières premières depuis 2011 avec un point bas entre février et juin 2012 », selon le financier. Cependant, il explique qu’en préparation du changement de leadership chinois en mars 2013, les analystes observent à nouveau une hausse constante de l’investissement en Chine, notamment dans les infrastructures, et une réouverture du crédit. « Ceci devrait durer au moins sur les quinze premiers mois du nouveau gouvernement chinois », selon Stéphane Wrobel. Une bonne nouvelle pour les matières premières, dont la profitabilité est repassée durablement au-dessus de celle des marchés d’action depuis plusieurs mois. Si la consommation et l’investissement en Chine relancent la demande mondiale en matières premières, l’analyste indique que des pays comme l’Inde et le Brésil ne sont pas en reste. En conclusion, Stéphane Wrobel souligne que les matières premières devraient permettre une bonne rentabilité pour les investisseurs financiers dans les prochains mois. Ces investissements participent, selon lui, à ajuster la structure de production à une demande mondiale croissante, à protéger son capital de l’inflation engendrée par les assouplissements monétaires, et promettent une meilleur rentabilité que les marchés d’actions à l’avenir, aussi en raison de l’inflation.

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