«Les marchés sont de plus en plus financiarisés et interconnectés », a expliqué Michel Portier, directeur d’Agritel, lors d’une conférence organisée par l’Afcas (Association française de la canne à sucre) à Paris le 12 décembre. Selon lui, sur l’ensemble des marchés, le pétrole reste le principal « driver », ou guide de la tendance. Mais Michel Portier a aussi indiqué que le sucre constituait aussi souvent un indicateur avancé pour les matières premières. Ceci en raison de son utilisation dans les biocarburants, mais aussi du fait qu’il soit traité depuis longtemps sur les marchés à terme. Ainsi, selon Michel Portier, les cours sur les marchés financiers seraient formés à 60% à partir des informations sur les fondamentaux, et à 40% sur l’environnement économique. « Une analyse fondamentale donnera raison à terme à son auteur, mais pas au bon moment », a souligné Michel Portier. Au niveau des marchés financiers, il a aussi montré que les matières premières agricoles offraient toujours de bons rendements. Ainsi, quand le coton à New York offre un rendement de 66% pour les investisseurs sur 2010, et le blé à Paris 64%, le rendement sur le Cac 40 est de -3%. Pour Michel Portier, « la spéculation ajoute de la volatilité à court terme en accélérant les mouvements des cours. Mais les fonds vont sur un produit lorsque l’offre et la demande sont favorables au mouvement des cours ». Enfin, il a montré que l’utilisation des contrats à terme colza avait explosé depuis 2006, année où la volatilité sur ce produit s’est accrue. Ces prises de positions seraient donc liées aux opérateurs commerciaux qui tentent de stabiliser leurs marges face à la volatilité.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.