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Les méthaniseurs craignent une « véritable rupture » en 2024

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Avec l’augmentation des coûts de production, et les baisses des tarifs d’achat de l’électricité annoncées en 2020, les agriculteurs méthaniseurs (AAMF) s’inquiètent de la baisse d’intérêt pour la méthanisation de la part des porteurs de projets.

À l’occasion d’une conférence de presse organisée le 14 février, l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF) a dit craindre « une véritable rupture » pour la filière, et ce en raison de l’abaissement des tarifs d’achat décidés par l’État en novembre 2020 pour les contrats signés après le 24 novembre de cette même année. Selon l’AAMF, cette « rupture » s’observera à partir de l’année 2024 puisqu’il faut compter en moyenne trois ans entre la signature d’un contrat et la mise en service d’une unité de méthanisation. « Aujourd’hui, ces tarifs sont peu incitatifs et non adaptés », a déclaré Mauritz Quaak, vice-président de l’AAMF. Et de « constater que des projets ne parviennent plus à obtenir des financements auprès des banques ».

Par ailleurs, l’AAMF a regretté que cette baisse intervienne alors que les porteurs de projets font face à « des coûts de production en forte augmentation » avec notamment « un doublement des coûts de l’électricité dans la grande majorité des cas », selon Mauritz Quaak. Et d’ajouter que « tous les 1er novembre, l’indexation permet de revaloriser le tarif. En novembre 2022, il l’a été de manière significative mais cela ne compense qu’une partie de la hausse du prix de l’électricité ».

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L’équivalent d’un réacteur nucléaire

Les tarifs d’achat d’électricité produite en cogénération ont, quant à eux, été définis en 2016. « Depuis la mise en service de la première installation en 2017, nous subissons une baisse du tarif contractuel de 0,5 % par trimestre. Cela veut dire qu’aujourd’hui un agriculteur qui souhaite monter un projet en cogénération est à – 12 % par rapport au tarif de 2016 », précise Adeline Canac, administratrice de l’AAMF. « L’autre point de difficulté est que plus on produit, moins le tarif est intéressant. Mais de toute façon, nous ne pouvons pas produire plus que 499 kilowatts électriques (KWe) », ajoute-t-elle. « C’est bien simple, aujourd’hui il n’y a plus de projets de cogénération. »

Afin de pérenniser la filière du biométhane en France, l’AAMF souhaite « une grille tarifaire qui se cale sur le modèle de 2011, avec des indexations » en ce qui concerne l’injection. Du côté de la cogénération, les agriculteurs méthaniseurs souhaitent « un gel de la décroissance des prix mais aussi une revalorisation du tarif à 240 € comme en 2016 ». Aujourd’hui, l’AMFF estime que 1 600 unités sont installées en France, avec 966 sites en cogénération et 514 sites en injection. La capacité d’injection en biométhane sur le territoire représente 9 TWh, soit la production en électricité d’un réacteur nucléaire, estime l’AAMF. « Courant 2024, nous produirons l’équivalent de deux réacteurs nucléaires », avance Mauritz Quaak.

Certains projets n’obtiennent plus de financement des banques