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Loisirs Les métiers du cheval obtiennent leur statut agricole

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Marianne Dutoit, secrétaire nationale de la Fédération nationale du cheval (FNC), a annoncé le 10 novembre l’inscription des activités liées au cheval dans la Loi de finances 2004. Cette reconnaissance agricole des métiers du cheval devrait être confirmée dans la loi rurale. Marianne Dutoit s’en réjouit, espérant que cette reconnaissance permettra à la filière de mieux se structurer. Malheureusement, l’élevage de chevaux est une activité peu rentable, comme en témoigne, selon elle, le désintérêt du Crédit agricole pour le secteur. La FNC espère en faire la promotion en organisant un vaste stand au salon du cheval qui aura lieu du 27 novembre au 5 décembre.

Le métier d’éleveur de chevaux est officiellement reconnu comme une profession agricole. C’est Marianne Dutoit, secrétaire nationale de la Fédération nationale du cheval, qui l’a annoncé le 10 novembre. « La loi de finances 2004 a inscrit au bénéfice agricole toutes les activités liées au cheval», a-t-elle annoncé, alors que les décrets d’application sont toujours en attente. Par ailleurs, la TVA pour les centres équestres passera de 18,6% à 5,5%. Marianne Dutoit s’en réjouit car, estime-t-elle, « le cheval a envie d’entrer dans le monde agricole». Et les professionnels ont sans doute envie de profiter des mêmes avantages que les agriculteurs, dont l’imposition au bénéfice agricole n’est pas le moindre. La secrétaire nationale de la FNC, section spécialisée de la FNSEA, estime que « la filière cheval a 40 ans de retard en terme de développement agricole ». Le système d’identification, encore embryonnaire, rend difficile le décompte du nombre de chevaux en France que Mme Dutoit estime « dans une fourchette de 500 000 à un million ». « Nous serions incapables de gérer une crise sanitaire», déplore-t-elle. Même chose pour le nombre de cavaliers, évalués « entre 600 000 et un million » alors que le nombre de licenciés est de 470 000. Citant une enquête réalisée en 2003 auprès de 1 500 éleveurs de chevaux, la responsable de la FNC estime que ceux-ci ont lancé « un véritable cri d’alarme ». D’après elle, « pas un éleveur ne vit aujourd’hui de son activité d’élevage». La première demande émanant des professionnels serait, selon l’étude, l’intégration des activités du cheval dans le domaine agricole. C’est fait. Outre la loi de finances, Marianne Dutoit a annoncé que cette reconnaissance serait également inscrite dans la loi rurale, qui sera votée en janvier 2005.

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L’absence remarquée du Crédit agricole

Désireuse de communiquer sur le métier d’éleveur de chevaux, la FNC tiendra un vaste stand au Salon du Cheval, qui aura lieu du 27 novembre au 5 décembre prochain. Baptisé « Notre passion, votre cheval - l’élevage français, une valeur sûre », l’évènement rassemblera notamment 40 chevaux d’élevage de toute la France, dont certains seront mis en vente. La FNC a réussi à convaincre Cédric Lyard, médaillé d’or aux jeux olympiques d’Athènes, de parrainer le stand. L’opération a reçu le soutien financier de nombreuses organisations, dont Groupama, la MSA et les chambres d’agriculture. Le Crédit agricole est le grand absent de ce groupe de sponsors. « Le désintérêt du Crédit agricole pour l’opération traduit malheureusement ce qu’on observe sur le terrain », déplore Marianne Dutoit, qui regrette que « l’on regarde encore le secteur du cheval comme un domaine où on rêve un peu ». Espérons pour elle que l’intégration des métiers du cheval dans le monde agricole ne leur ôtera pas cette part de rêve.