Abonné

Convention de l’ANMF Les meuniers inquiets pour le taux de protéines du blé

- - 3 min

Réunie en convention le 12 septembre, la meunerie française a pointé une demande s’orientant vers des blés plus riches en protéines. Sa crainte est de voir l’évolution des règles environnementales affecter la qualité de la production. Elle demande du temps pour que les céréaliers s’adaptent.

Faudra-t-il demain utiliser du blé kazakh pour nos baguettes de pain ? C’est la menace brandie par le président de la meunerie française (ANMF) Joseph Nicot, en convention nationale le 12 septembre. L’ANMF constate une demande orientée vers des blés plus riches en protéines. Or, l’évolution des règles environnementales va, selon les meuniers, affecter la qualité de la production céréalière. « Des voies de progrès en matière d’amélioration des teneurs en protéines des blés français sont réalisables et réalistes sans pour autant faire fi des attentes environnementales de nos concitoyens, qu’il s’agisse de la recherche variétale ou des itinéraires techniques. Mais il faut laisser du temps », a insisté Joseph Nicot. Les meuniers veulent continuer à s’approvisionner sur le marché national. Quasiment tout leur blé est d’origine française, dont la teneur moyenne en protéines est chiffrée par FranceAgriMer à 11,2 % cette année. « Le Kazakhstan peut monter à 14/15 %, avec ses cultures extensives, a-t-il indiqué. On n’a pas envie d’acheter leur blé, comme le font les Italiens. »
 
De nouvelles demandes qualitatives
Les clients de la meunerie expriment de nouveaux besoins. Qu’ils soient artisans, industriels, leurs demandes qualitatives ont beaucoup évolué ces dernières années. Cela concerne les aspects sanitaires, avec la réglementation sur les mycotoxines. D’autres exigences spécifiques visent à s’adapter à l’évolution des machines, des process et des techniques. Des efforts sont entrepris pour réduire le taux de sel dans le pain, sous l’impulsion des pouvoirs publics. Les consommateurs se tournent vers des produits comme les brioches, les pains au lait, qui nécessitent certains types de farines. « Il est à peu près sûr qu’une augmentation de la teneur en fibre exigera une hausse du taux de protéines, a souligné Joseph Nicot. Idem, la baisse du taux de sel dans le pain implique des blés de qualité. »
 
L’origine française plébiscitée
Invités à une table ronde, la présidente du Syndicat des fabricants de biscuits et gâteaux de France, Catherine Petitjean-Dugourd, et l’administrateur du Syndicat de la panification croustillante et mœlleuse Eric Sarret ont tous deux signalé une demande de plus en plus forte en produits d’origine française. « L’agriculture a fait d’énormes progrès ces dernières années, a noté pour sa part le président de la Fédération des entreprises de boulangerie (Feb) Pascal Cantenot. J’achète des farines CRC (Culture raisonnée contrôlée, ndlr). Au début, cela apportait une vraie valeur ajoutée, maintenant, moins : toute l’agriculture est tirée vers le haut. » Joseph Nicot s’est lui déclaré « pas forcément partisan » des filières du type CRC. « On doit garantir un maximum de sécurité au consommateur, pour l’ensemble des produits, a-t-il considéré. Il n’y a aucune raison de faire des exceptions, avec d’un côté quelque chose de pur et propre, de l’autre un produit qui ne l’est pas. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.