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GASPILLAGE ALIMENTAIRE/INITIATIVES Les ministres de l'Agriculture de l'UE énoncent une série d'initiatives

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Les États membres et la Commission européenne se doivent de mettre l'accent sur la prévention des gaspillages et pertes alimentaires et de faciliter le don de produits alimentaires invendus à des organisations caritatives. Telles sont les principales recommandations des ministres de l'Agriculture de l'UE pour lutter contre les pertes et gaspillages alimentaires en Europe.

Se déclarant préoccupés par les quantités importantes de denrées alimentaires produites mais non consommées, les ministres de l'Agriculture de l'UE, réunis le 28 juin à Luxembourg, ont préconisé aux Etats membres et à la Commission européenne une série de recommandations pour prévenir le gaspillage et les pertes alimentaires. Les désormais « 27 » sont invités à contribuer activement à la Plateforme de l'UE consacrée aux pertes et gaspillages alimentaires, qui réunit les États membres et tous les intervenants de la chaîne alimentaire, y compris des ONG. Cette der-nière devra être mise en place dans le cadre du Plan d'action de l'UE en faveur de l'économie circulaire en vue de suivre les progrès accomplis dans la réalisation de l'ODD 12.3 (Objectif de développe-ment durable 12.3) (1), en aidant à définir les mesures nécessaires pour prévenir le gaspillage alimentaire dans l'UE, en ren-dant compte de la situation au niveau na-tional et en partageant les bonnes pra-tiques fondées sur des éléments qui attestent la réduction des pertes et gaspillages alimentaires. Les Etats membres sont également invités à œuvrer à l'information de la population et à sa sensibilisation aux processus durables de production alimen-taire, aux ressources nécessaires, à la consommation et aux pertes et gaspillages ali-mentaires.

UTILISER LES RÉSULTATS DES PROJETS DE RECHERCHE EUROPÉENS

La Commission européenne de son côté est invitée à mettre à profit les enseignements et les résultats du projet Fusions(2), en prenant d'autres projets de recherche (par exemple la version étendue du projet d'Eurostat sur le gaspillage alimentaire Food waste plug-in) et expériences méthodologiques des États membres comme base scientifique et point de départ pour concevoir un protocole commun et pratique de l'UE qui définisse le gaspillage alimentaire et les moyens de le quantifier à chaque stade de la chaîne d'approvisionnement alimentaire, à des fins de réduction du gaspillage, comme indiqué dans le Plan d'action de l'UE en faveur de l'économie circulaire, et en tenant compte de la norme applicable à la quantification des pertes et gaspillages alimentaires et à l'information en la matière (datant de juin 2016), de l'expérience de parties prenantes en matière de quantification du gaspillage alimentaire. L'Exécutif européen doit aussi promouvoir une compréhension et une utilisation plus cohérentes, par les consommateurs, les exploitants du secteur alimentaire, en particulier les fabricants de produits alimentaires et les détaillants, et les autorités chargées des contrôles, de l'indication de la date de consommation, par exemple sur les œufs et d'autres produits, afin de prévenir les pertes et gaspillages alimentaires. La Commission se doit également de favoriser des discussions associant tous les États membres en vue d'étudier les moyens de renforcer la gestion de la chaîne d'approvisionnement alimentaire et de favoriser la coopération entre parties prenantes, l'objectif étant de réduire autant que possible le volume de denrées alimentaires invendues par l'industrie alimentaire, les détaillants et le secteur de la restauration, en coopération avec d'autres parties prenantes de la chaîne d'approvisionnement alimentaire, dont les banques alimentaires et d'autres organisations caritatives, en veillant par exemple à ce que les détaillants ne rendent pas volontairement impropres à la consommation humaine des produits alimentaires invendus et en encourageant le don de produits alimentaires invendus à des organisations caritatives, en particulier au moyen d'accords entre les détaillants et ces organisations. Étudier en outre les propositions relatives à la suppression des obstacles juridiques et pratiques qui entraînent des pertes et gaspillages alimentaires, notamment en vue de faciliter les dons alimentaires aux banques alimentaires et d'autres initiatives (à caractère social). Le Conseil des ministres entend évaluer régulièrement, à partir de 2018, l'état d'avancement de la mise en œuvre de ses recommandations.

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(1) Objectifs de développement durable (ODD) adoptés par l'Assemblée générale des Nations unies en septembre 2015, en particulier la cible 12.3 des ODD, à savoir : «d'ici à 2030, réduire de moitié à l'échelle mondiale le volume de déchets alimentaires par habitant au niveau de la distribution comme de la consommation et réduire les pertes de produits alimentaires tout au long des chaînes de production et d'approvisionnement, y compris les pertes après récolte». (2) Le projet européen FUSIONS (Food Use for Social Innovation by Optimising Waste Prevention Strategies, soit en français: l'alimentation au service de l'innovation sociale via l'optimisation des stratégies de prévention du gaspillage) a été soutenu d'août 2012 à juillet 2016 par le 7 ème programme-cadre de recherche de l'UE. Son objectif : lutter contre le manque d'efficacité dans la production, la distribution et la consommation des produits alimentaires.

88 millions de tonnes de nourriture à la poubelle

Selon les estimations les plus récentes réalisées par le projet de recherche européen « Fusions »(2), environ 88 millions de tonnes de denrées alimentaires sont perdues ou gaspillées dans l'UE chaque année, soit l'équivalent de 143 milliards d'euros. La plus grande partie de ces pertes et gaspillages est concentrée au niveau de la distribution alimentaire et de la consommation. D'après cette étude, 70 % du gaspillage alimentaire de l'UE, tel qu'il est défini par Fusions, se produit dans le secteur des ménages, de la restauration et du commerce de détail, tandis que 30 % a lieu dans le secteur de la production et de la transformation. Le Conseil se déclare préoccupé par le fait que la faim demeure l'un des problèmes de développement les plus urgents, alors que le monde produit une quantité de denrées alimentaires plus que suffisante. Même si seulement un quart des denrées alimentaires actuellement perdues ou gaspillées au niveau mondial pouvait être sauvé, cela suffirait à nourrir 870 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde.