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Grande distribution/Résultats et stratégie Les Mousquetaires affichent leurs ambitions industrielles

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À l’occasion de la présentation des résultats 2012 du groupement des Mousquetaires, Jean-Pierre Meunier, président de la société civile des Mousquetaires, a confirmé les excellents résultats du groupement. Son chiffre d’affaires a atteint 39,1 milliards d’euros, en croissance de 5,6 %. Il veut y voir la validation de la stratégie adoptée jusque là et qui sera poursuivie : maintenir une politique de bas prix, capitaliser sur la proximité et son expérience unique de « distributeur industriel ».

« Dans un contexte économique difficile, pour le groupement des Mousquetaires, regroupant près de 3 000 chefs d’entreprise indépendants, l’année 2012 aura été une véritable satisfaction, avec notamment de beaux succès en alimentaire en France », estime Jean-Pierre Meunier. Avec un chiffre d’affaires de 39,1 milliards € en 2012, le distributeur a connu une croissance de 5,6%. Sur 3 ans, la progression est de 15%. Pour 2013, le groupe dit afficher « de fortes ambitions », en poursuivant une politique de prix bas tout au long de l’année, renforcer ses parts de marché en conquérant de nouveaux mètres carrés et en s’appuyant sur son outil industriel et sa présence atypique dans le secteur de la pêche pour faire la différence face à ses concurrents.

Des résultats records dans la distribution alimentaire

Avec ses deux enseignes Intermarché et Netto (pour le hard discount), les ventes alimentaires ont atteint 24,262 milliards hors carburant en Europe, en croissance de 6,5%. Intermarché a même connu une progression de 7,4 % en France, soit un gain de part de marché de 0,7 point (14 %) et même de 1,3 point sur 3 ans. « Du jamais vu et le fruit d’une stratégie offensive axée autant sur la politique de prix que sur l’assortiment et le service client », se félicite son président. En revanche, Netto, l’enseigne hard discount, est restée stable. L’ensemble de l’alimentaire a connu une progression de 4% à périmètre constant. En dépit d’une politique de bas prix maintenue, la rentabilité des magasins n’a pas été affectée pour autant, « les marges ont même été en très légère augmentation ». Cela est dû « à une politique d’approvisionnement plus travaillée et à une massification plus importante ». Pour 2013, le groupe espére continuer sur une progression de 4 à 5 %. Les enseignes alimentaires à l’étranger ont connu des fortunes diverses : avec des ventes (hors carburant) de 1,4 milliard, le Portugal est en repli de 0,6% tandis que la Pologne (703 millions) gagne 8,9% et la Belgique (432 millions) progresse de 6%. L’enseigne Interex en Bosnie et Serbie a réalisé des ventes respectives de 44 millions (+11%) et 107 millions (-2%). L’équipement de la maison a dégagé un chiffre d’affaires de 2,167 milliards (+0,3 %), dont 1,8 milliard en France avec Bricomarché (- 1%), et 76 millions d’euros avec Brico Cash, en forte hausse (+ 23,8 %). Le pôle auto est en recul de 1,7 %, à 249 millions d’euros. L’activité de Roady France s’est stabilisée à 213 millions. La restauration, marché globalement en recul en France, réserve une bonne surprise avec 72 millions de chiffre d’affaires pour Poivre Rouge, en progression de 14,5% en 2012 qui devrait se confirmer en 2013, avec la mise en place d’un nouveau concept de bâtiments.

Devenir le numéro 5 de l’agroalimentaire

Le pôle industriel, qui fabrique les marques propres du groupe mais également des marques d’autres distributeurs, poursuit son développement avec une croissance de 8,7% en 2011 et 7,8% en 2012 qui lui permettent d’atteindre un chiffre d’affaires de 3,5 milliards € l’an dernier. Ses 60 usines, employant 10 000 personnes, fournissent des produits à base de céréales, de viandes et charcuteries, de poissons (provenant de sa propre flotte de pêche, premier armateur de pêche fraîche en France avec 17 navires et 43 millions € de chiffre d’affaires), de lait. Le groupement se fixe pour objectif un chiffre d’affaires dans l’agroalimentaire de 4 milliards € en 2015, ce qui le ferait passer du rang de 11e acteur des industries alimentaires actuellement (1er fabricant de MDD) à celui de numéro 5. Pour y parvenir, le groupe compte sur sa politique d’innovation pour offrir toujours de nouveaux produits. Il entend également capitaliser sur ses partenariats historiques avec les producteurs agricoles, près de 17 000 partenariats, toutes filières confondues. Le groupe annonce par ailleurs qu’il inaugurera en novembre, au Havre, une usine de biodiesel, Eco Motion, en partenariat avec l’industriel privé, Steria France. Cette unité qui représente un investissement de 50 millions €, fournira de l’essence fabriquée à partir de graisses végétales, vouées à la destruction, ainsi recyclées, ce qui représente une alternative aux carburants à base de végétaux, explique Jean-Pierre Meunier.

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