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VOLAILLE/REGROUPEMENTS Les mouvements de rapprochements dans la filière avicole française se poursuivent

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Les rapprochements et autres alliances dans le poulet français se poursuivent. Derniers en date, l'annonce d'une probable reprise des activités industrielles d'Agrial par LDC et le possible adossement de UKL-Arrée à Triskalia.

LDC a annoncé être en pourparlers pour acquérir les activités industrielles d'Agrial. De son côté, la coopérative UKL-Arrée a confirmé être en négociations exclusives depuis plusieurs mois pour s'adosser à Triskalia. Ces opérations interviennent dans le sillage de l'annonce de l'alliance entre le groupe Avril (ex-Sofipro-teol) et LDC il y a un an et effective depuis février et la prise de contrôle de Doux par Terrena (accompagné de Sofiprotéol) qui devrait se concrétiser d'ici à la fin de l'année. Une concentration qui s'opère dans le secteur ces derniers mois alors que les principaux intervenants du secteur avicole français se sont engagés en mai dernier à travailler à la mise en place d'une interprofession qui intégrerait également l'aval. Un engagement collectif qui avait, rappelons le, participé à réduire le montant de l'amende pour entente sur les prix dans la volaille, décidée par l'Autorité de la concurrence. Un rapport d'étape devait intervenir dans les dix huit mois, soit dans un an maintenant.

LDC NÉGOCIE LE RACHAT DES ACTIVITÉS INDUSTRIELLES D'AGRIAL…

Le volailler LDC (marques Loué, Le Gaulois, Maître Coq) est entré en négociations exclusives avec le groupe coopératif Agrial pour l'acquisition de ses activités de transformation de volailles et de dinde. Deux sites industriels sont concernés par l'opération, à savoir Galéo pour la volaille standard (ex-Caillet) à Chailland (Pays de Loire) et Socadis pour la volaille fermière à Plumetot (Basse Normandie), ainsi qu'une société de transport spécialisée dans le ramassage de vif, STC. L'ensemble de ces actifs totalise un chiffre d'affaires de 85 millions d'euros, pour un effectif de 400 collaborateurs, « dont les trois quarts se trouvent à Chailland, un site également présent dans le RHD, confortant ainsi la stratégie de développement de LDC dans ce domaine » nous a précisé Laurent Raimbault, le directeur administratif et financier.

Et surtout, cette opération serait le point de départ d'un projet régional créateur de valeur. En effet, « LDC renforcera son dispositif industriel sur le périmètre régional de Mayenne et de Normandie autour de sa filiale la Société Normande de Volaille » poursuit ce dernier. SNV qui compte 2 000 salariés sur six sites de production a réalisé un chiffre d'affaires de 470 millions d'euros sur le dernier exercice 2014/2015 (clos le 28 février).

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Un partenariat pour l'approvisionnement de volaille est également prévu entre LDC et Agrial « au bénéfice des sites de transformation repris mais aussi de l'ensemble du groupe ». A noter qu'Agrial, s'il vend ses outils industriels dans la volaille, conservera ses activités de négoce à Rungis et de production animale.

« Si tout se passe bien, une fois l'accord entre les deux parties signé et l'envoi du dossier à l'autorité de la concurrence, LDC envisage, une intégration des sites au 1er mars 2016, date du début de son prochain exercice », précise encore Laurent Raimbault. L'entreprise devrait faire le point sur l'état d'avancement de ce dossier le 25 novembre prochain à l'occasion de la publication de ses comptes semestriels. En 2014/2015, LDC a dégagé un résultat opérationnel courant de 153,5 millions d'euros (+25,6 %), pour un chiffre d'affaires stable à 3,02 milliards d'euros.

LA COOPÉRATIVE UKL-ARRÉE CHERCHE À S'ADOSSER À TRISKALIA

Confirmant une information parue dans le Télégramme du 3 octobre, Mickaël Legay le directeur général de UKL-Arrée a indiqué être en négociations exclusives depuis plusieurs mois avec Triskalia pour étudier un adossement. Un projet que ce dernier espère « finaliser avant la fin de l'année », nous a-t-il précisé. A la tête de la coopérative basée à Languidic (56) depuis neuf mois, Mickaël Legay s'est d'abord attelé « au redressement de la coopérative avant d'entamer ce projet de rapprochement » qui vise à pérenniser les activités de la coopérative qui se présente comme la seule du Morbihan spécialisée dans la volaille. Aujourd'hui remise sur les rails, UKL-Arrée qui fédère plus de 200 éleveurs a traversé plusieurs années difficiles de 2012 à 2014 marquées par la flambée des cours des céréales, des erreurs de gestion et la défaillance de Doux, son principal client. Autant de difficultés que la crise de la volaille n'a rien arrangé et dont elle porte encore les stigmates aujourd'hui, avec 20 millions d'euros de dettes bancaires à fin septembre 2014 et des fonds propres négatifs. La coopérative travaille principalement pour Doux, mais aussi pour LCD et Gastronome (Terrena).