Les négociants de collecte-appro sont plus que jamais vigilants face au risque de volatilité des cours, et de défaillances des clients dans une période de crédit plus difficile. Christophe Viger, président de la Fédération du négoce agricole (FNA), a attiré l’attention sur ce double risque lors de son congrès le 28 novembre.
Les deux dernières campagnes céréalières ont montré que la volatilité des cours s’accroît. Les organismes collecteurs privés, que sont les établissements de négoce de collecte-appro, appellent à la prudence : « Une fois encore, cette année nous montre que la volatilité des prix des céréales et oléoprotéagineux va croissant, et nous impose d’être particulièrement prudents face aux risques qu’elle engendre ». Christophe Viger, président de la FNA, a détaillé dans son discours de clôture du congrès deux types de risques : un risque de prix dans les opérations commerciales, et un risque de défaillance des clients. La période actuelle de crédits plus restreints accroît ces difficultés.
La prudence est d’autant plus de mise que la Pac vient de décider un démantèlement accru des régulations publiques, comme les aides couplées. « Il faudra être attentif à l’utilisation des fonds issus de la suppression des paiments recouplés dans la filière grandes cultures », a souligné le président de la FNA.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le négoce embarrassé par les délais de paiement raccourcis
Les céréales et oléoprotéagineux représentent environ 80% de l’activité de collecte-appro du secteur. Pour les 20% restants, qui consistent principalement en une activité d’approvisionnement en agro-fourniture aux viticulteurs, le secteur est particulièrement embarrassé par le risque de défaillances des clients. Celui-ci est accru en raison des délais de paiement raccourcis par la loi de modernisation de l’économie (LME). La LME, dans sa volonté de fluidifier les flux, impose aux clients des délais de paiement de 40 à 60 jours dans le secteur de l’agrofourniture (engrais, phytos, semences, aliments du bétail). Or, dans l’activité viticole du négoce, les producteurs payent à 90 jours, 120 jours, voire plus. Ils ont jusqu’à 2012 pour atteindre cet objectif de la loi. La profession du négoce cherche avant tout à garder de bonnes relations avec sa clientèle et éviter de faire du recouvrement. « La LME va dans le bon sens, mais elle tombe au plus mauvais moment », a conclu Christophe Viger.
La profession demande un assouplissement de la réglementation et réfléchit à des solutions logistiques, comme par exemple des plans d’approvisionnement engageant les clients agriculteurs, leurs fournisseurs négociants, et encore plus en amont les industries d’agrofourniture, a évoqué Jean Caizergues, président de la commission « agrofourniture » de la FNA.