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OMC Les négociations « dans une phase cruciale »

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Le G-4 (Etats-Unis, UE, Brésil, Inde) tiendra une réunion jugée « décisive » dans la semaine du 18 juin pour tenter de parvenir à une relance du cycle de Doha avant la pause de l’été. Dans cette perspective, Pascal Lamy comptait adresser un aux dirigeants des principales nations industrialisées et aux grands pays émergents réunis en Allemagne à l’occasion du sommet du G-8 . Car, selon le directeur général de l’OMC, et des années de négociations multilatérales.

«Je crois que nous avons besoin d’un engagement personnel et actif des dirigeants des grandes économies mondiales » pour boucler le cycle de Doha, a déclaré lui aussi le 5 juin Peter Mandelson à l’adresse des pays du G-8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie) qui, réunis au sommet du 6 au 8 juin à Heiligendamm, en Allemagne, devaient avoir un échange de vues avec les dirigeants de cinq pays émergents (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde, Mexique).

« Je ne peux exposer une flexibilité à sens unique dans ces négociations », a également réaffirmé le commissaire européen qui intervenait devant la commission du commerce extérieur du Parlement européen. Il est « essentiel que les Etats-Unis acceptent des disciplines sur les soutiens internes (agricoles), que les économies émergentes, le Brésil, l’Inde et la Chine, ouvrent leurs marchés industriels, même si leurs efforts ne sont pas proportionnels aux nôtres », a-t-il déclaré.

Un report « jusqu’en 2010 » en cas d’échec « cet été »

« L’Union est prête à faire beaucoup mais pas à aller jusqu’aux limites de ses ambitions si les autres partenaires ne sont pas prêts à le faire. Si nos partenaires font des contributions raisonnables, nous devrons être prêts à déployer la flexibilité que nous avons montrée depuis juillet 2006, notamment sur les tarifs agricoles. Mais s’ils ne le font pas, nous devrons revoir notre position », a aussi averti M. Mandelson.

Le commissaire au commerce s’est enfin montré pessimiste quant à la possibilité de conclure les négociations de l’OMC une fois que la fenêtre d’opportunité des mois de juin et juillet sera refermée. « Passé cette période, les attentions vont se concentrer aux Etats-Unis sur l’élection du futur président américain et je pense qu’il faudra attendre jusqu’en 2010 pour voir reprendre des négociations qui auront échoué cet été », a-t-il dit.

Un réunion « décisive » du G-4

Dans ce contexte, la prochaine réunion ministérielle du G-4 (Etats-Unis, UE, Brésil, Inde), prévue du 18 au 22 juin en Allemagne, probablement à Postdam, sera « décisive », a pronostiqué le 31 mai à Brasilia le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim. « Je n’aime pas employer ces mots (…) mais il reste peu de temps (pour conclure un accord à l’OMC). Et elle sera décisive également parce que je vois que les choses ont avancé », a-t-il précisé avant d’ajouter que « décisive ne veut pas dire que l’on règlera tout jusqu’au dernier détail mais que ce sera une réunion au cours de laquelle nous devrons dire si nous allons vers une convergence ou non ».

Le cycle de Doha doit « terminer à la fin de l’année ou dans les premiers jours de l’année prochaine (…) parce que ce sera beaucoup plus difficile de le faire approuver au Congrès américain en plein processus électoral », a également estimé M. Amorim. Les Etats-Unis doivent élire en novembre 2008 le successeur du président George W. Bush.

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Dans le but, notamment, de préparer cette longue réunion du G-4 en Allemagne, le chef de la diplomatie brésilienne s’est entretenu le 2 juin à Londres avec la représentante américaine au commerce, Susan Schwab, qui, la veille, avait eu à Bruxelles, en compagnie de son collègue chargé de l’agriculture, Mike Johanns, des entretiens avec leurs homologues de la Commission européenne, Peter Mandelson et Mariann Fischer Boel.

De leur côté, les pays émergents du G-20 doivent tenir une réunion ministérielle le 11 juin à Genève pour préparer celle du G-4.

Le tour d’Europe de Christine Lagarde

« Nous faisons le constat qu’il y a un aspect extrêmement déséquilibré dans les différentes positions (en présence dans le cycle de Doha), et il est hors de question de brader l’agriculture », a déclaré, le 1 er juin à Berlin, Christine Lagarde, la ministre française de l’Agriculture lors d’une conférence commune avec son homologue allemand, Horst Seehofer, président en exercice du Conseil de l’UE.

Le même jour, Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, qui intervenait devant un Forum économique de Bruxelles, a qualifié, dans une allusion à la position de la France, de « manœuvre classique » la tendance à « surévaluer sa propre contribution à la négociation et à sous-estimer celle des autres ».

A Berlin, Mme Lagarde a également précisé que « nous partageons (avec l’Allemagne) le souci d’arriver à un accord équilibré qui prévoie la réciprocité dans les différentes négociations de l’OMC et de la Pac réformée en 2003 ». La ministre française a poursuivi ses rencontres avec ses homologues portugais et espagnols les 4 et 5 juin.