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Fruits et légumes Les négociations entre l’UE et le Maroc inquiètent les producteurs européens

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Les organisations agricoles de l’UE ont fait part à la Commission de Bruxelles de leur « grande préoccupation » à l’égard du « dénouement possible du processus de négociation de l’accord de libre-échange entre l’Union et le Maroc, à cause de l’impact qu’il aura sur la filière européenne des fruits et légumes ». Elles lui demandent de « remettre en vigueur le principe de préférence communautaire pour ces produits ».

Dans une lettre adressée à la commissaire européenne Mariann Fischer Boel, les organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) dénoncent tout d’abord le fait que les termes de l’accord d’association actuellement en vigueur entre la Communauté et le Maroc « ne sont pas respectés » par ce pays dans le secteur des fruits et légumes, ce qui provoque « de graves distorsions sur le marché », pour les tomates surtout.

Elles considèrent donc que toute avancée dans les négociations en cours entre les deux parties sur l’approfondissement de l’accord de libre-échange « doit être conditionnée à l’existence de garanties suffisantes concernant le maintien et le strict respect du système de prix d’entrée ». Elles demandent aussi, « compte tenu de la grave perturbation que connaît actuellement le marché communautaire de la tomate », la mise en œuvre des mesures de sauvegarde prévues par l’accord d’association « pour résoudre cette crise provoquée par le Maroc ».

« Remettre en vigueur le principe de préférence communautaire »

Dans les négociations bilatérales en cours, les organisations agricoles font valoir notamment, auprès de la Commission, que, pour les fruits et légumes, il faut :

– « en plus du maintien du système de prix d’entrée, améliorer son fonctionnement » ;

– s’abstenir de faire d’autres concessions commerciales, « particulièrement en ce qui concerne les cultures déclarées comme sensibles et d’autres produits, tels que les poivrons, les melons, les pastèques et les oranges » ;

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Copa-Cogeca
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– « reconnaître le caractère stratégique » du secteur des fruits et légumes et « remettre en vigueur le principe de préférence communautaire pour ces produits » ;

– éviter absolument que les contingents attribués au Maroc pour l’importation de tomates dans l’UE soient distribués par trimestre et non par mois , « car cette flexibilité pourrait provoquer, à certains moments, d’importantes chutes de prix qu’il serait ensuite très difficile de rattraper » ;

– « réaliser des études d’impact avant de faire une éventuelle concession supplémentaire aux pays tiers ».

En conclusion, le Copa-Cogeca souligne que, dans le contexte de crise actuel, la distribution « applique une politique extrême de baisse des prix » et que les producteurs de l’UE ont « d’autant plus de difficultés à faire face à la concurrence des produits issus des pays tiers ».