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Les négociations fournisseurs-distributeurs toujours aussi dures

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Tous les représentants de la filière alimentaire ont été conviés le 9 février par Michel Sapin, ministre de l’Économie et des Finances, et Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire,pour un nouveau comité de suivi des relations commerciales fournisseurs-distributeurs, après celui du 20 décembre. Des relations qui paraissent toujours aussi dures, à entendre l’Ania (Association nationale des industries de l’agroalimentaire) et la FNSEA. Le but de cette réunion était toujours de s’assurer du bon déroulement des négociations commerciales entre distributeurs et fournisseurs, qui s’achèvent le 28 février. Les ministres ont rappelé aux opérateurs « la nécessité que les négociations tiennent compte, pour l’ensemble des maillons de la filière, du contexte de remontée des cours de plusieurs produits agricoles, en particulier dans les filières laitière, porcine et des produits de la mer ». Des hausses qui doivent « assurer un juste équilibre entre les intérêts des producteurs, des industriels et des consommateurs », ont-ils rappelé dans un communiqué commun.
Un message en tout point identique aux précédents, tout comme celui de l’Ania. Dans un communiqué distinct publié le même jour, l’association des industriels de l’agroalimentaire demande en effet « aux enseignes de respecter la loi et de prendre en compte la réalité économique de leurs fournisseurs » d’ici la date de clôture des négociations. Même si l’Ania constate que des centrales d’achat ont fait des efforts, certaines « négocient toujours leurs tarifs sur une base déflationniste, niant la hausse très importante des prix des matières premières agricoles » et donc la réalité économique des fournisseurs. Selon l’IRI, la déflation alimentaire est évaluée à -1,16 % sur janvier 2017 (-1,1 % en moyenne en 2016). Et la Fédération de mettre aussi l’accent sur « les menaces d’arrêts de commande et de déréférencement » que subissent les fournisseurs. De quoi donner du travail à la DGCCRF, chargée par Michel Sapin, d’être particulièrement vigilante sur tous ces aspects. Rendez-vous début mars, pour faire les comptes.

La FNSEA veut faire activer la loi Sapin II

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Dans un communiqué paru le 9 février, la FNSEA demande au gouvernement de faire appliquer les dispositions prévues dans la loi Sapin II pour que les besoins des agriculteurs soient pris en compte dans les négociations commerciales. Le syndicat agricole témoigne du « contexte extrêmement difficile que traverse l’ensemble de l’agriculture française. Face aux négociations commerciales qui s’annoncent encore une fois tendues, il est évident que les producteurs ne supporteront pas une année supplémentaire de prix excessivement bas », affirme la FNSEA. Et d’insister : « Pour nous, le vrai juge de paix sera le prix payé à la production ». Le syndicat rappelle que dans la Loi Sapin II, des outils sont prévus pour prendre en compte les coûts de production agricoles tout au long de la chaîne alimentaire : « C’est le moment de juger de leur efficacité ! »