Les chefs d'État et de gouvernement des Vingt-huit se retrouveront le 30 août pour tenter de se mettre d'accord sur les nominations aux principaux postes des institutions européennes. Dans ce dossier complexe, qu'il n'ont pas pu régler le 16 juillet, intervient aussi la répartition des portefeuilles au sein de la prochaine Commission de Bruxelles qui doit prendre ses fonctions le 1er novembre pour cinq ans. Son président, Jean-Claude Juncker, tout juste élu par le Parlement européen (1), entend toutefois composer son collège de commissaires de manière indépendante.
LES dirigeants des Vingt-huit ne sont pas parvenus, le 16 juillet, à trouver un compromis sur la succession de Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, et de Herman Van Rompuy, président du Conseil européen. Un puzzle qui inclut la présidence permanente de l'Eurogroupe, et auquel s'attaquera de nouveau le sommet européen le 30 août.
Les chefs d'Etat et de gouvernement ont aussi intégré dans leurs calculs la Commission de Bruxelles qui doit prendre ses fonctions le 1er novembre, avec l'objectif d'obtenir un gros portefeuille pour leur pays. Des calculs qui n'étaient pas tout à fait du goût du prochain président de l'exécutif, Jean-Claude Juncker.
Commission : « Ce sera décidé en août »« Je vais essayer de constituer mon équipe, mais ce ne sera pas chose aisée, car la situation est désespérante en ce qui concerne les candidatures féminines », avait déclaré Jean-Claude Juncker, le 15 juillet à Strasbourg, après son élection attendue à la présidence de la Commission par le Parlement européen, par 422 voix sur 729 suffrages exprimés. « Je ne peux pas dire qui aura quel portefeuille. Ce sera décidé en août », avait ajouté l'ancien premier ministre luxembourgeois, qui était le candidat des dirigeants des Vingt-huit pour ce poste.
Les États membres doivent donc lui proposer leurs commissaires respectifs d'ici la fin du mois de juillet, ce qu'ont déjà fait plusieurs d'entre eux. Les auditions des futurs membres de l'exécutif par le Parlement européen auront alors lieu fin septembre.
Candidats et portefeuillesLe président roumain, Traian Basescu, a déclaré à l'issue du sommet européen, dans la nuit du 16 au 17 juillet, que le candidat de Bucarest pour la prochaine Commission européenne « est accepté, au moins à ce stade ». Dacian Ciolos, l'actuel commissaire à l'agriculture, est « bienvenu à la Commission », a-t-il ajouté.
La Roumanie souhaite de nouveau obtenir le poste de commissaire européen à l'agriculture et même celui de vice-président de la Commission, avait déclaré le 10 juillet Traian Basescu. Il avait souligné qu'il était d'accord avec le premier ministre Victor Ponta, son opposant politique, sur le poste et le nom du candidat.
Lors du sommet européen, l'Italie a bataillé pour imposer sa ministre des affaires étrangères, Federica Mogherini, à la succession de Catherine Ashton, mais elle s'est heurtée à de fortes oppositions.
Du coup, une autre option a immédiatement commencé à circuler : la présentation, par Rome, de la candidature de l'eurodéputé Paolo De Castro pour le portefeuille de l'agriculture au sein du prochain exécutif européen. Ancien ministre de l'agriculture, celui-ci présidait la commission du Parlement européen responsable de ce secteur sous la précédente législature.
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Parmi les autres États membres, le candidat de la France le mieux placé pour le poste de commissaire européen est l'ancien ministre de l'économie et des finances Pierre Moscovici, qui brigue ce portefeuille à Bruxelles, ce que l'Allemagne ne voit pas d'un très bon oeil.
Le candidat déjà désigné du Royaume-Uni est Jonathan Hill, le président de la Chambre des Lords, tandis que l'ex-ministre de l'agriculture Miguel Arias Cañete est celui de l'Espagne et l'ex-ministre de l'environnement Phil Hogan celui de l'Irlande.
Quatre commissaires intérimairesLe Parlement européen s'est prononcé le 16 juillet en faveur de la nomination de quatre candidats commissaires désignés pour remplacer ceux qui ont quitté leur poste pour devenir eurodéputés, leur mandat courant jusqu'à la fin de celui de l'actuelle Commission, le 31 octobre.
Il s'agit du Finlandais Jyrki Katainen, chargé du portefeuille des affaires économiques et monétaires, de l'Italien Ferdinando Nelli Feroci (industrie et entrepreneuriat), du Polonais Jacek Dominik (programmation financière et budget) et de la Luxembourgeoise Martine Reicherts (justice, droits fondamentaux et citoyenneté) (1).
Leur nomination a été confirmée le 17 juillet.
(1) Voir même numéro
(2) Voir n° 3455 du 07/07/14