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Biotechnologies Les OGM moins attractifs, selon les Amis de la Terre

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L'adhésion des agriculteurs aux biotechnologies n'est pas aussi importante que ce que disent leurs promoteurs, estime l'association les Amis de la Terre dans un rapport récent. Selon cette organisation, six pays ont réellement adopté les OGM, dans lesquels les impacts négatifs commencent à se faire ressentir.

L'ACCEPTATION globale des cultures génétiquement modifiées est en baisse, assure l'ONG les Amis de la Terre dans un rapport publié le 30 mars. « Le nombre de pays cultivant des OGM est en baisse pour la première fois » ; en effet, l'Egypte a suspendu la culture des OGM en 2012, se félicite l'organisation. Le rapport Qui tire profit des cultures génétiquement modifiées ? se base sur les données du Service international pour l'acquisition d'applications agro-biotechnologiques (ISAAA) mais n'en tire pas les mêmes conclusions (1).

Selon ce nouveau rapport, certes 18 millions d'agriculteurs cultivent des OGM dans 27 pays du monde, mais « cela représente moins de 1% de la population agricole mondiale ». Les cultures transgéniques existent surtout dans six pays (Etats-Unis, Canada, Argentine, Brésil, Chine et Inde) qui représentent 92% des cultures OGM et, dans ces pays, seules quatre cultures sont produites : le soja, le maïs, le colza et le coton. La plus forte concentration de cultures OGM se trouve aux États-Unis, où ces variétés représentent 90% ou plus de la production. En termes de surfaces, les cultures génétiquement modifiées sont absentes sur 88% des terres arables, rappellent les Amis de la Terre.

De plus en plus de résistances

Après une vingtaine d'années de recours aux OGM, les impacts négatifs sont nombreux estiment les Amis de la Terre : l'utilisation de pesticides a augmenté en raison de la résistance aux mauvaises herbes et aux insectes, de sorte que les cultures tolérant les herbicides et les insectes n'apporteraient pas une solution réelle au problème des ravageurs agricoles. Aux Etats-Unis, 49 % des agriculteurs ont signalé des problèmes de résistance des mauvaises herbes aux herbicides et au Canada ce sont environ 10 % des agriculteurs. Même constat en Inde, où une analyse scientifique récente a montré qu'au moins cinq espèces de grands ravageurs étaient devenues résistantes aux produits Bt (toxine produite par les variétés résistantes aux insectes) en 2010, alors qu'une seule l'était en 2005.

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En conclusion, cette organisation fer de lance des opposants aux OGM, souligne que « plus de 99% des OGM cultivés sont résistants aux herbicides, aux insectes ou à une combinaison des deux ». Elle insiste : « Ces cultures sont un prolongement du modèle de l'agriculture industrielle à base de pesticides, adaptée à la production d'aliments à grande échelle que pratiquent les grandes entreprises ». Un modèle qui, selon l'ONG, n'apporte pas de réponse au problème de la faim dans le monde.

(1) Voir n° 3435 du 17/02/2014