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Protéines végétales Les oléo-protéagineux européens ont besoin d’un soutien politique

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Lors d’une conférence, la 25 janvier à Paris, intitulée « Les plantes riches en protéines, à la croisée des enjeux politiques », différents intervenants ont fait le point sur l’avenir des filières oléo-protéagineuses en France et en Europe. L’instabilité ou le manque de soutiens politiques pour les cultures riches en protéines ont tendance à faire fortement varier les surfaces selon les années et les cultures. Résultat, l’Europe creuse son déficit en protéines végétales en important une grande partie de ses besoins depuis les pays tiers.

«Les protéines végétales sont des ingrédients clés des aliments composés pour le bétail », a indiqué André Barlier, directeur des marchés, études et prospectives de FranceAgriMer. Selon lui, les tourteaux issus d’oléo protéagineux constituent en moyenne 27% des aliments composés. Il s’exprimait le 25 janvier à Paris lors d’une conférence organisée par la Fop (Fédération françaises des producteurs d’oléo protéagineux), l’AGPL (Association générale des producteurs de lin) et Coop de France sur le thème « Les plantes riches en protéines, à la croisée des enjeux politiques ».

L’Europe creuse son déficit en protéines végétales
« L’Union européenne importe 75% de ses protéines végétales et la France près de 50% » ont souligné, dans un communiqué commun, les présidents de la Fop, de l’AGPL et de Coop de France déshydratation. Selon eux, « la Pac a hypothéqué l’avenir des plantes riches en protéines et de leurs filières en décidant, dès 2012, de découpler totalement les aides dont elles bénéficiaient ». Les représentants de ses filières estiment que ces cultures dites « fragiles » ne peuvent être mises sur un pied d’égalité avec les grandes cultures traditionnelles. D’ailleurs, André Barlier, a indiqué que les échanges mondiaux de tourteaux de soja représentaient 60Mt, dont 40% sont importés par l’UE. De plus, les tourteaux de soja représentent 75 à 80% des importations européennes de tourteaux, accroissant la dépendance de l’UE vis-à-vis des pays tiers. Toujours selon André Barlier, l’évolution des surfaces cultivées dans l’Hexagone et en Europe en oléo-protéagineux est très disparate. Selon lui, ces évolutions dépendent des produits, et des soutiens politiques à la production dont ils bénéficient, de la concurrence des céréales, notamment en termes de prix, et de la production de biocarburants.

Une demande de soutien politique de la part des professionnels
Pour remédier à cette situation de déficit chronique en protéines végétales au sein de l’Union européenne, les présidents de la Fop, de l’AGPL et de Coop de France déshydratation ont fait une série de propositions à destination des pouvoirs publics. Ils ont ainsi demandé « la mise en place d’une Pac, avec un budget spécifique dédié, favorisant le développement des plantes riches en protéines et de leurs filières ». Ceci comprendrait un soutien couplé à ces productions dans le cadre du premier pilier de la Pac, ainsi que leur reconnaissance au titre de cultures pouvant être mises en place sur les surfaces d’intérêt écologique. Les représentants des ces filières demandent aussi que les cultures d’oléo-protéagineux bénéficient de cofinancements tant nationaux que régionaux, par une dynamique de projet, liés aux objectifs du second pilier de la Pac. Ils ont aussi souhaité montrer leur soutien au développement du plan silo et de débouchés français et européens par la voie de la contractualisation inter-filières. Pour se développer, les professionnels des oléo protéagineux demandent aussi un soutien financier des pouvoirs publics à la recherche et au développement, recherches variétales et techniques culturales principalement. Enfin, les représentants des filières oléo-protéagineuses voudraient que le rôle des interprofessions soit conforté au niveau de la connaissance des marchés et la mise en place d’indicateurs permettant de mesurer la compétitivité de leurs productions. Suite à sa rencontre avec différents parlementaires, au Palais Bourbon le 25 janvier, Gérard Tubery, président de la Fop, a déclaré « constater une réelle adhésion des parlementaires à la démarche entreprise afin de promouvoir l’intérêt des plantes riches en protéines, tant auprès de l’opinion publique que des pouvoirs publics français et européens ».

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