FNSEA-JA : « la France devra parler fort »
« Mandelson doit arrêter le massacre » titrent la FNSEA et les Jeunes agriculteurs dans un communiqué diffusé le 3 juillet au lendemain de l’échec de la réunion de Genève sur l’OMC. « Les négociateurs européens ont mis sur la table une nouvelle offre », constatent les syndicalistes « qui s’indignent d’un tel comportement et dénoncent la stratégie suicidaire des commissaires P. Mandelson et M. Fischer Boel ». Selon eux, celle-ci consiste « à faire en permanence des concessions sans qu’aucun des autres grands acteurs de la négociation ne bouge. Il est clair que les Etats-Unis n’ont aucunement l’intention de réformer leur politique agricole alors que l’Union européenne est prête à sacrifier la sienne. » Le syndicalisme majoritaire a également reproché au directeur de l’OMC Pascal Lamy d’être juge et partie tandis que Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA écrivait à la ministre du Commerce, Christine Lagarde, une lettre de soutien : « nous avons conscience que devant l’attitude ambiguë de certains pays partenaires, devant l’absolutisme américain et la logique guerrière des grands pays exportateurs, il faudra peut-être faire parler fort la France au sein de l’Union. »
Organisations spécialisées : arrêter les concessions au profit du Brésil
Commentant le tout début de la conférence de Genève, la Fédération nationale bovine a stigmatisé le fait que « la Commission multiplie les signes de concessions et de faiblesse au profit prioritairement du Brésil qui entend dominer l’approvisionnement alimentaire mondial. » Autre réaction, celle de la filière porcine. Selon les calculs d’Inaporc, l’interprofession porcine, si les protections tarifaires de l’UE étaient diminuées de plus de 40 %, la viande porcine brésilienne deviendrait plus compétitive que la viande française en France. En effet, les coûts de production du porc français sont 42 % plus élevés que ceux du Brésil. Ce qui permettrait à la viande de porc brésilienne, avant la douane, d’arriver aux frontières de l’Union européenne moins chère que la viande française. Par exemple la carcasse brésilienne coûte 0,81 euro/kg y compris les frais de transport, contre un prix de marché français de 1,28 euro/kg. Pour l’instant, les droits de douanes protègent le marché intérieur. Mais Inaporc a calculé que si ces derniers diminuaient de plus de 40 %, la viande brésilienne pourrait déferler sur le marché européen.
Pour leur part, les organisations de grandes cultures réunies au sein d’Orama font un rapprochement ente la position de la Commission à l’OMC et sa volonté de remettre en cause l’intervention en Europe sur les céréales.
Confédération paysanne : l’échec, un espoir pour les paysans
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La Confédération paysanne estime que, somme toute, « l’échec de Genève peut constituer un espoir pour les paysans du monde. » Le cycle de Doha s’enlise, selon la Confédération qui écrit que « c’est une bonne nouvelle pour les paysans qui subissent de plein fouet la libéralisation des échanges ». Avec Via Campesina, elle « appelle les gouvernements du monde entier à défendre le droit à la souveraineté alimentaire plutôt que des politiques néolibérales. C’est l’occasion de réviser les politiques agricoles et de repenser les règles du commerce international pour relocaliser l’économie ».
La Coordination rurale demande la démission de Pascal Lamy
De son côté la coordination rurale « demande la démission du directeur général de l’OMC », celui-ci s’étant vu confier une mission de bons offices pour tenter de résoudre la crise dans les négociations du cycle de Doha. « Alors que le monde change à vive allure, affirme la Coordination, il est temps de comprendre les défis à relever pour le XXIe siècle. Ils n’ont plus rien à voir avec la libéralisation du commerce mais concernent la survie de l’humanité, dans un contexte de pénurie des matières premières vitales, à commencer par l’alimentation ».
Le Modef organise une « opération fax » à l’encontre de Mandelson
Le Modef s’indigne du positionnement de Peter Mandelson, commissaire européen dans les négociations à l’OMC qui s’ouvrent à Genève. « Vous n’êtes pas mandaté pour sacrifier les paysans et l’indépendance alimentaire » écrit Xavier Compain, président du Modef au Commissaire européen. Pour le Modef, « ce n’est pas un accord à l’OMC qu’attendent les paysans mais un changement de politique agricole qui satisfasse leurs attentes » conclut le courrier. Celui-ci sera relayé par les fédérations départementales qui l’enverront par fax à Peter Mandelson. En tout cas, le Modef estime dans un autre communiqué que « l’échec de la mini ministérielle de Genève est encore un échec pour le libéralisme ».