Soutenu par les Vingt-huit, le projet d'ouverture immédiate du marché communautaire aux exportations de l'Ukraine inquiète les organisations agricoles de l'UE. Selon elles, les produits sensibles ne doivent pas être concernés par la mise en oeuvre anticipée et unilatérale du volet douanier de l'accord de libre-échange avec ce pays.
LES ministres des affaires étrangères des Vingt-huit ont apporté leur soutien, le 17 mars, à la proposition de la Commission européenne d'ouvrir rapidement le marché de l'UE aux importations en provenance de l'Ukraine, dans le but d'apporter un soutien économique à Kiev (1). Prônant une « adoption rapide » de ce projet, qui consistera à appliquer de façon anticipée et unilatérale le volet douanier de l'accord d'association et de libre-échange avec l'Ukraine, ils ont aussi confirmé la signature des dispositions politiques de cet accord le 21 mars, en marge du sommet européen prévu ce jour-là à Bruxelles.
Produits sensibles
Compte tenu de ces échéances, les organisations et coopératives agricoles de l'UE réunies au sein du Copa-Cogeca ont adressé le 13 mars une lettre au commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, pour lui « recommander » de ne pas mettre en oeuvre unilatéralement et de façon anticipée l'accord de libre-échange avec l'Ukraine pour les produits dit sensibles. Bruxelles propose que l'Union applique dès le mois de juin, sans réciprocité, les réductions de droits de douane prévues par cet accord.
Les produits sensibles doivent toutefois être soumis à des quotas d'importation à droit nul (2). C'est le cas des céréales, mais, affirme le Copa-Cogeca, l'environnement commercial « défavorable » et le « manque de transparence » des opérateurs de ce secteur en Ukraine ne permettent pas d'assurer que l'agriculture de ce pays en bénéficiera. Pour les viandes, la lettre met en garde contre l'incapacité de l'Ukraine à « faire face à l'extension de la crise de la peste porcine africaine ». Pour la volaille et les œufs, ce sont les normes de production dans ce pays, inférieures à celles de l'UE, qui sont mises en cause.
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L'application anticipée de l'accord dans ces secteurs « ne pourra avoir que des impacts négatifs sur les agriculteurs ukrainiens et ceux de l'Union », conclut le Copa-Cogeca.
(1) Voir n° 3438 du 10/03/13
(2) Voir n° 3439 du 17/03/14