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Les organisations agricoles opposées aux projets bruxellois sur le sucre

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Les organisations agricoles de l’UE appellent la Commission européenne à renoncer à proposer, comme elle compte le faire fin mai, des mesures exceptionnelles d’approvisionnement du marché du sucre de l’UE. 

La Commission européenne envisage l’instauration de mesures exceptionnelles pour favoriser l’approvisionnement de l’UE en sucre, à hauteur de 300 000 à 400 000 t obtenues par les importations et la reconversion de quantités hors-quota. N’ayant pas pu réunir la majorité nécessaire des experts des États membres le 28 avril, elle devrait tenter de nouveau de les convaincre le 26 mai, craignant un manque de sucre à la fin de l’été ou au début de l’automne. 

Les services agricoles expliquent toutefois qu’ils ne seraient pas automatiquement tenus d’accepter des volumes de sucre supplémentaires et que la décision serait prise le moment venu, selon l’évolution de la situation. 

« Crise de l’approvisionnement » cet été

En février dernier, les industries utilisatrices de sucre de l’UE (CIUS) avaient incité Bruxelles à prévoir des mesures pour éviter une « crise de l’approvisionnement » cet été. Elles faisaient valoir que l’augmentation de 650 000 tonnes à 1,350 million de tonnes, soit la limite fixée par l’OMC, du volume maximal de sucre blanc hors quota pouvant être exporté sans restitution pour la campagne de commercialisation 2015/2016 était « venue trop tôt, compte tenu de l’incertitude pesant sur le niveau des importations » (1). 

Et début mars, les fabricants de sucre (CEFS) et betteraviers (Cibe) européens s’étaient inquiétés des appels de « certains milieux » en faveur de telles dispositions qui risquent de peser sur les prix à moins de 18 mois de l’abolition du régime des quotas. 

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« Pas justifié »

« Des mesures exceptionnelles de gestion du marché du sucre ne nous paraissent pas justifiées » compte tenu du bilan prévisionnel du marché, « d’autant que des incertitudes existent sur le niveau de consommation comme lors de la campagne précédente », soulignent les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) dans une lettre adressée le 3 mai à Peter Power, chef de cabinet du commissaire européen Phil Hogan. De plus, notent-elles, « le niveau de prix moyen du sucre blanc dans l’UE stagne depuis plus d’un an et est encore en baisse de 2 euros en février par rapport à janvier ».

« L’accès des pays tiers au marché européen du sucre a doublé en dix ans en raison des nombreuses concessions octroyées dans les accords commerciaux bilatéraux », remarque également le Copa-Cogeca. « De surcroît, pour la campagne 2016/2017, la hausse de la superficie consacrée à la betterave à sucre dans l’UE est estimée à au moins 7 % et la campagne de transformation démarrera bien avant le 1er octobre. Par conséquent, l’UE ne risque pas de manquer de sucre ».

« Les betteraviers européens ont réduit la surface de plus de 10 % lors de la campagne 2015/2016 » pour rétablir l’équilibre du marché de sucre, font également valoir les organisations professionnelles, ajoutant que, de plus, « l’introduction des mesures exceptionnelles risquerait de produire ses effets au mois d’août, ce qui pourrait affaiblir le pouvoir de négociation de la filière de la betterave à sucre de l’UE dans la chaîne alimentaire ».  

(1) Voir n° 3534 du 22/02/16