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ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES/STRATÉGIE Les organisations agricoles préparent des États généraux

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Les organisations agricoles au grand complet ont fait part le 7 janvier, lors de la présentation de leurs vœux à la presse de leur intention d'organiser avant le prochain Salon de l'agriculture qui ouvre ses portes le 22 février, des États généraux de la filière agricole. Il s'agira d'identifier divers sujets pour lesquelles les acteurs de cette filière interpelleront les pouvoirs publics sur les difficultés que rencontrent tant les producteurs que les transformateurs. Ils attendent des actions rapides et concrètes pour les accompagner dans leurs actions.

C'EST un front uni rassemblant les agriculteurs (FNSEA, JA), les Chambres d'agriculture (APCA), les coopérateurs (Coop de France) et le Crédit Agricole et la Mutualité qui a dévoilé son intention d'organiser très prochainement des États généraux « pour interpeller le gouvernement en dehors d'un cadre législatif sur les grands sujets qui pénalisent l'agriculture dans ses efforts pour gagner en compétitivité », a expliqué Xavier Beulin. La date n'est pas encore fixée, car elle dépend du calendrier du Premier ministre qui sera invité à clôturer ses travaux. Parmi les grands thèmes que les organisations souhaitent aborder figurent, évidemment, la situation de la profession agricole et agroalimentaire, le redressement productif, la formation professionnelle, la consommation et le commerce extérieur. « Il ne s'agit toutefois pas de faire des contre propositions à la loi de modernisation agricole, actuellement en débat à l'Assemblée nationale », explique le leader de la FNSEA. Il attend principalement des retours concrets sur la simplification administrative, la modernisation et l'investissement et le développement de l'emploi dans toute la filière.

ENCOURAGER LA RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT

Philippe Mangin, président de Coop de France, abonde dans son sens, estimant que la filière n'investit pas assez car elle n'y est pas encouragée. Il dénonce « le poids de la réglementation et des prélèvements, avec 125 taxes différentes pesant sur les entreprises, le coût du travail qui voit les salariés français coûter le double de ce qu'ils perçoivent en salaire net ». Sans oublier le problème de l'écotaxe dont le gouvernement ne pourra pas ne pas tenir compte. Pas plus qu'il ne pourra éluder un débat sur la bonne utilisation de la TVA, ajoute Xavier Beulin.

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LE FINANCEMENT EN DANGER

Philippe Lefebvre, président de la FNCA qui parlait au nom de la CNMCCA a pointé de son côté trois thèmes qui devraient être inscrits au programme, selon lui. Tout d'abord celui du traitement comptable et fiscal des parts sociales dans les coopératives qui ne sont pas considérées de la même manière que les participations au capital de sociétés privées. Il espère aussi qu'une réflexion s'engagera sur la question des risques agricoles. « Quand il fallait 15€ pour en assurer 100, il y a quelques années, il en faut désormais 55€, estime-t-il. La profession est capable de présenter un instrument efficace pour parer aux coups durs, mais il ne faut pas changer la réglementation ». Le principal danger proviendrait toutefois de l'accès au financement, non seulement pour l'agriculture et les industries alimentaires. « Eu égard aux nouvelles réglementations internationales ou européennes concernant les banques, elles ont pour obligation d'acheter des dettes souveraines ce qui se fait au détriment du financement des entreprises et de l'économie. Le respect des ratios prudentiels qui sont imposés aux établissements financiers se chiffre par centaines de milliards d'euros », déplore-t-il.