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Pour la FNSEA, le budget du ministère de l’Agriculture pour 2013 est « improductif ». « À l’heure où l’agriculture et l’agroalimentaire sont des forces pour notre pays et de véritables armes anti-crise, le gouvernement décide de sabrer les crédits nécessaires à la modernisation du secteur, aux capacités d’interventions sur les marchés et de promotion de nos productions. Où va-t-on ? », s’exclame la FNSEA dans un communiqué.
En matière d’emploi par exemple, « les dispositifs d’allégements de charges sont remis en cause et, conjugués aux autres dispositifs concernant les coûts sociaux, vont coûter à la ferme France plus d’un point de revenu. Les agriculteurs vont payer plus en travaillant… autant ! », ajoute-t-elle. La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs « dénoncent un budget de crise alors que le monde agricole espérait un budget anti-crise ».
FGA-CFDT : « le Ministre peut mieux faire ! »
Si la FGA-CFDT se félicite du retrait des exonérations sur l’emploi permanent, de la priorité donnée à la sécurité et à la qualité sanitaire de l’alimentation ainsi qu’à l’enseignement agricole elle estime que pour le reste, « le Ministre peut mieux faire! » La fédération « conteste la stratégie de compétitivité qui fait passer la baisse du coût du travail aupremier rang des solutions aux difficultés de l’agriculture ». Concernant le ministère de l’Agriculture lui-même, le syndicat de salariés « s’inquiète de la poursuite des réductions d’effectifs matérialisant un désengagement de l’Etat ». Et la CFDT interroge : « La sécurité sanitaire, gage de sécurité pour les consommateurs et enjeu de compétitivité, aura-t-elle vraiment les moyens d’être assurée dans ces conditions? »
Jérôme Despey : le coup de massue et la douche froide
Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA et président du conseil spécialisé viticole à FranceAgriMer, estime que les secteurs de la viticulture et des fruits et légumes ont reçu un « coup de massue » avec la mesure sur les travailleurs occasionnels et une « douche froide » avec celle sur les travailleurs permanents.
Pour l’emploi saisonnier, « c’est un coup de massue que nous avons pris au vu du projet de Loi de Finances, d’autant plus que nous avons cru comprendre que le président de la République au Space voulait favoriser la compétitivité et l’emploi car c’était des éléments importants ». Or, la viticulture et les fruits et légumes sont les secteurs les plus exposés à la concurrence internationale, « face à des pays qui n’ont aucun salaire minimum et n’hésitent pas à recourir à des sociétés de services pour embaucher des saisonniers à bas prix ».
Pour l’emploi des permanents, « c’est la douche froide ». Les taxes sur le carburant agricole et sur les sodas ont été payées, mais ne se retrouvent pas dans le budget destiné à alléger les charges sur le travail des salariés permanents.
« Nous demandons au gouvernement d’agir, au-delà des mots, pour la mise en œuvre de la politique de la compétitivité et de l’emploi, et allons nous mobiliser auprès des permanences des parlementaires », a promis Jérôme Despey.
Travailleurs occasionnels : une modification qui provoque la colère des fruits et des légumes
Malgré les annonces faites par le gouvernement, le projet de loi de finances dans son article 60 présente une modification du mécanisme TO-DE (travailleur occasionnel – demandeur d’emplois agricoles) : d’une part, l’exonération de la cotisation accident du travail, d’autre part, la modification du seuil d’interruption de l’exonération pour concentrer l’aide sur les bas salaires. Actuellement, le seuil d’exonération totale est à 2,5 fois le Smic, avec exonération dégressive entre 2,5 et 3 fois le Smic et plus d’exonération au-delà de 3 fois le Smic. Le nouveau dispositif prévoit une exonération totale en dessous de 1,25 fois le Smic, avec une dégressivité entre 1,25 et 1,50 fois le Smic et plus d’exonération au-dessus de 1,50 fois le Smic. Or, selon le président de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF), Luc Barbier, ce nouveau seuil concerne peu de travailleurs occasionnels : s’ils sont payés au Smic horaire, ils travaillent sur une courte période avec beaucoup d’heures supplémentaires, soit un revenu mensuel au-delà de la marge exigée. Résultat : « Globalement, cela représente une charge supplémentaire pour l’arboriculture fruitière française de 11 millions d’euros », dénonce la FNPF dans un communiqué daté du 4 octobre. Ajoutée à cette mesure, la décision du gouvernement, cette fois-ci annoncée, d’enterrer l’allègement sur les travailleurs permanents provoque la colère des filières des fruits et des légumes.
La FNPF déplore « une politique, incohérente, qui, en détricotant les acquis sans rien mettre en place en retour » pénalise les arboriculteurs. « Le signal donné par le gouvernement est-il celui de l’accroissement du nombre de salariés faiblement rémunérés afin de produire à bas coût ? », s’interroge la fédération qui estime que ces mesures ne sont pas de nature à redresser l’arboriculture.
Même cri d’alerte pour les producteurs de Légumes de France qui, en plus de se sentir « trahis », « refusent cette politique contre-productive, anti-compétitivité et anti-emploi qui condamne leur activité de production et leurs emplois », selon un communiqué du 3 octobre. Ils rappellent par ailleurs le « véritable dumping social » en cours à l’échelle européenne. Ces mesures aggravent selon eux les distorsions de concurrence qu’ils subissent.
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