Tout comme le commissaire européen Phil Hogan, les organisations professionnelles de l'UE sont favorables à l'inclusion du secteur des intrants dans le débat sur les relations au sein de la chaîne alimentaire. Pour les engrais, plus précisément, elles prônent la création d'instruments afin de rendre le marché et le commerce plus transparents.
LES organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) ont écrit le 9 janvier à Phil Hogan pour lui faire part de leur soutien à son « initiative visant à rouvrir les discussions » avec ses collègues de la Commission européenne sur les relations au sein de la chaîne alimentaire, et à inclure dans le débat la question des intrants agricoles ». Trois jours auparavant, le commissaire européen à l'agriculture avait soulevé le problème à Dublin, s'interrogeant notamment sur l'augmentation des prix des engrais et regrettant que l'actuelle « Initiative de la chaîne alimentaire » au niveau de l'UE, « ne couvre malheureusement pas tous les secteurs concernés » (1).
Un débat « stratégique »« Le secteur des engrais n'accroît ses capacités de production qu'en dehors de l'Union européenne. Nous sommes des importateurs nets de plusieurs types d'engrais (azote, phosphore et potasse) », souligne le Copa-Cogeca dans sa lettre à Phil Hogan. « Et pourtant, le marché européen semble exclu des baisses des prix du pétrole et du gaz naturel au niveau international, alors même que les agriculteurs européens opèrent sur un marché mondial ».
« Qui plus est, une étude de l'IFPRI (Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, Washington) a conclu que le marché mondial des engrais est de nature oligopolistique », ajou-tent-ils.
LE renouvellement du mandat du Forum à haut niveau sur l'amélioration du fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement alimentaire fait partie des priorités de l'industrie agroalimentaire de l'UE (FoodDrinkEurope) pour les six mois de la présidence lettone du Conseil de l'Union (2).
Créé par la Commission de Bruxelles en 2010, puis reconduit pour deux ans fin 2012, ce forum, qui a tenu sa dernière réunion le 15 octobre 2014 (3), a demandé l'extension de son mandat pour cinq ans, soulignant l'ampleur de la tâche restant à accomplir pour tenter d'éliminer les pratiques commerciales inéquitables. Il a notamment lancé en septembre 2013 l' « Initiative de la chaîne alimentaire ». Celle-ci a été boudée par les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) qui plaident plutôt pour un renforcement de la législation en la matière. Selon le précédent exécutif européen, le forum a effectivement œuvré pour des relations commerciales plus équitables, mais « des efforts supplémentaires doivent être consentis en matière de durabilité, de dialogue social et de surveillance des prix des denrées alimentaires ».
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Dans ce contexte, les organisations agricoles « encouragent la Commission à adopter une approche stratégique » en matière d'engrais, afin de parvenir à « une plus grande transparence à la fois sur le marché intérieur et dans le commerce international ».
Selon elles, ce « débat stratégique » doit porter notamment sur la nécessité de disposer « d'outils de prévision pour le marché à terme des engrais », ainsi que « d'un outil de surveillance du marché des pesticides ».
L'objectif doit être aussi, selon le Copa-Cogeca, de « limiter » l'impact sur le marché de la révision du règlement communautaire de 2003 concernant les engrais et « d'assurer que les exemptions actuelles aux règles de concurrence » dont bénéficient les exportations des producteurs américains d'engrais ne puissent pas s'appliquer dans le cadre d'un accord de libre-échange avec les États-Unis.
(1) et (2) Voir n° 3479 du 12/01/14
(3) Voir n° 3468 du 27/10/14