* La FNSEA amère, les JA sans « espoir »
La FNSEA, dans un communiqué, constate « amèrement » que le budget 2005 montre « une nouvelle fois que l’agriculture n’est pas une priorité pour notre pays ». Pour les JA, ce budget « encore en diminution manque définitivement d’ambition pour faire face aux difficultés que connaît l’agriculture française ». Le budget 2005 « n’est pas à même de redonner confiance aux campagnes et il va encourager le doute de tous les paysans qui veulent investir, créer de l’emploi, transmettre leur exploitation.... ». « Alors que la réflexion est engagée sur le projet de loi de modernisation agricole, les orientations budgétaires actuelles n’augurent rien de bon sur le contenu de la future loi », soulignent les JA. La FNSEA tient cependant à « saluer » le lancement de l’assurance récolte (malgré des fonds insuffisants) et l’engagement d’une nouvelle politique en matière de phytosanitaire. Pour Bernard Layre, président des JA, « il y a un gouffre entre les annonces du ministre et la réalité budgétaire».
* APCA : « Malgré une baisse, quelques nouvelles mesures »
« Le projet de budget du ministère de l’Agriculture ne traduit pas d’engagements ambitieux pour redonner confiance aux agriculteurs à un moment où, confrontés à la mise en œuvre de la réforme de la Pac et à des crises répétées sur les marchés, ils s’interrogent sur la pérennité de leur activité », souligne l’APCA dans un communiqué. Certes, « quelques marges de manœuvre ont été dégagées grâce à un rapport de crédits de 2004 pour lancer l’assurance récolte, pour créer le fonds de rénovation des bâtiments d’élevage et pour engager une nouvelle politique phytosanitaire », précisent les chambres d’agriculture. Néanmoins, « il ne s’agit que d’une première étape qui devra s’inscrire dans la durée et se traduire par des moyens à hauteur des objectifs ». Pour relever le « double défi de la performance économique et territoriale et des attentes sociétales, les agriculteurs ont besoin d’un cadre leur permettant en permanence de s’adapter », conclut le communiqué.
* « Un très mauvais budget », selon le Snetap (enseignement agricole)
« C’est un très mauvais budget », regrette Annick Mérien, secrétaire générale du Syndicat national de l’enseignement technique agricole public (Snetap), tout en soulignant la difficulté à interpréter le budget 2005 en raison de sa présentation. Selon les éléments transmis au syndicat par le ministère, 194 emplois vont être supprimés en 2005 (après 139 en 2004) dans l’enseignement technique alors que les effectifs d’élèves restent stables. « La ligne allouée aux dépenses en personnel augmente de 0,98%.
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Cela n’absorbera même pas l’avancement des personnels.
Et les autres dépenses de personnels qui concernent surtout les heures supplémentaires et les vacations, sont en baisse de 13,5% ».
Enfin, le Snetap constate que la centaine de postes de chercheurs et d’enseignants prévus dans le budget selon le ministère sont en fait des transferts de postes, incluant notamment 88 postes d’enseignement scientifique du Cemagref. « Il n’y a pas création de postes mais suppression de 9 postes alors que le ministère affiche l’enseignement supérieur comme une de ses priorités » , précise Annick Mérien.
* Coordination rurale : « Un budget pour nourrir la machinerie administrative »
« On n’attendait pas grand chose de ce budget dont on savait le potentiel limité dans un contexte budgétaire serré », résume François Lucas, président de la Coordination rurale. « C’est un budget pour nourrir la machinerie administrative avec notamment la mise en œuvre de système de contrôles pour accompagner les réglements», souligne le président. Ce qu’attend la Coordination rurale : « une bonne politique ». Quant à l’assurance récolte, « de construction intellectuelle intéressante », elle n’est pas en rapport, dans sa mise en œuvre, avec les réalités du terrain, regrette François Lucas.
* Modef : « Surdité budgétaire »
Pour les exploitants familiaux, « le compte n’y est pas ». Avec une baisse de 1,8 % par rapport à 2004, « le budget de l’Agriculture ne traduit pas le désarroi et l’inquiétude des paysans français », précise un communiqué. « L’urgence s’impose notamment en direction des agriculteurs en difficulté », poursuit le Modef qui estime que « le budget n’anticipe pas la nécessaire réorientation de l’agriculture face à l’application dévastatrice de la réforme de la Pac décidée en 2003 ».