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Panification/Stratégie Les pains Jacquet se réveillent

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Jacquet, filiale du groupe coopératif Limagrain, multiplie les projets. Investissement de 35 millions d’euros dans son usine de Saint-Beauzire (63), nombreuses innovations, volonté d’acquisitions… L’entreprise basée en Auvergne et dans la région parisienne compte bien rester dynamique dans les prochains mois pour poursuivre sa croissance. Après avoir été dans le rouge pendant 10 ans, Jacquet est bénéficiaire depuis deux ans et va frôler les 200 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année.

Jacquet, le numéro 2 de la boulangerie industrielle en France, est en grande forme. Sa part de marché a progressé de 16 % en pains spéciaux (pour atteindre 27 % en volume), de 50 % en pains hamburger (à 37 %) et de 6 % dans les pains festifs (à 38 %). Résultat : l’entreprise appartenant au groupe coopératif Limagrain atteindra cette année un chiffre d’affaires net de 199 millions d’euros. Et depuis deux ans, Jacquet n’est plus dans le rouge, après avoir cumulé 150 millions de pertes sur dix ans.

Doubler son chiffre d’affaires
La société ne va pas s’en tenir là. « A terme, nous comptons doubler notre chiffre d’affaires », explique Emmanuel Aimond, directeur général de Jacquet. Cela s’inscrit dans la dynamique globale du groupe Limagrain, qui espère atteindre plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014, contre 1,233 milliard cette année. Jacquet est numéro 1 des marchés de niche (pains spéciaux, festifs et hamburgers), mais globalement toujours très loin de Harry’s qui domine le marché des pains emballés avec 500 millions d’euros de chiffre d’affaires. Une position qui n’a pas que des défauts. « Etre numéro 2 nous donne la motivation nécessaire pour innover et investir », affirme le directeur général.

Investir massivement
Cette motivation se concrétise dans de multiples innovations, notamment le pain « carrément mie », sans croûte, dont la fabrication nécessite un procédé unique, sans ôter la croûte et donc sans déchet. Et en cette fin d’année, Jacquet va lancer des toasts saveur pain d’épices ainsi que des mini-blinis. Le groupe a de nombreux projets pour l’an prochain. « Début 2010, nous annoncerons une nouvelle stratégie de marque », indique Emmanuel Aimond. Pour suivre sa croissance et ses innovations, Jacquet investit massivement dans son outil industriel. Son usine de Saint-Beauzire (63) vient de bénéficier d’un investissement de 35 millions d’euros, ce qui lui permet d’augmenter sa capacité de production à 66 800 tonnes et de recruter 120 personnes supplémentaires.

Continuer la croissance externe
Limagrain poursuit donc ses efforts pour soutenir sa filiale. En 2006, Jacquet avait racheté SDVF (14 millions d’euros de chiffre d’affaires), une entreprise basée à Sens et spécialisée dans les pains à finir de cuire. L’année dernière, l’entreprise avait fait l’acquisition de Milcamps, à Saintes (Belgique), l’un des leaders des véritables gaufres belges, qui réalise 20 millions d’euros de chiffre d’affaires. Et cette dynamique ne semble pas prête de s’arrêter. « Nous sommes à l’affût de nouvelles opportunités », annonce Emmanuel Aimond. « Mais pour que nous soyons acheteurs, il faut qu’il y ait des vendeurs. Et en ce moment, ce n’est pas évident », poursuit-il. Les investissements ne vont pas non plus ralentir, et devraient à l’avenir être consacrés en grande partie aux pains spéciaux, hamburgers et festifs.

Rester prudent
Tout n’est tout de même pas rose pour les pains Jacquet. Comme ses concurrents, l’entreprise a subi la flambée du prix des matières premières. « A une époque où on parlait beaucoup du pouvoir d’achat des Français, il ne nous a pas été possible de répercuter complètement la hausse de nos coûts », souligne Emmanuel Aimond. Le fait de travailler pour les MDD est un atout en période de crise. « Cela nous permet surtout d’amortir nos frais fixes », ajoute-t-il. Autre atout pour le groupe : la diversité de ses circuits de distribution. Les pains Jacquet sont vendus à 75 % dans les GMS françaises, à 16 % à l’international (Autriche, Belgique, Corée, Espagne, Finlande, Italie, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suisse) et à hauteur de 9 % en RHF. L’entreprise travaille également pour les industriels de l’agroalimentaire. Malgré la réussite de Jacquet, son directeur général reste prudent pour l’avenir : « Nous sentons un léger rebond de la consommation ces dernières semaines, mais il nous faut rester très modestes. Nous devons attendre encore un peu avant de réellement faire des prévisions pour les prochains mois ».

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