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Clonage Les parlementaires français trouvent la proposition de Bruxelles « insuffisante »

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La commission des Affaires européennes regrette que la proposition de réglementation de Bruxelles n'interdise pas l'importation de matériel reproductif d'animaux clonés.

Al'Assemblée nationale, la commission des Affaires européennes, présidée par l'écologiste Danielle Auroi, a estimé le 15 juillet que le paquet législatif proposé, le 18 décembre 2013, par la Commission européenne sur l'utilisation de la technique du clonage à des fins agricoles est « largement insuffisant ». Il vise notamment à interdire la mise sur le marché et l'importation d'animaux et d'embryons clonés, ainsi que de denrées alimentaires issues d'animaux clonés. Les parlementaires demandent à Bruxelles de prendre en compte les denrées alimentaires « issues de descendants d'animaux clonés » et d'interdire la mise en marché de denrées issues d'animaux clonés, et de semences d'animaux clonés. À l'heure actuelle, les aliments obtenus à partir d'animaux clonés ne sont pas interdits par l'Europe, mais ils sont considérés comme de nouveaux aliments et doivent faire l'objet d'une demande de mise en marché.

Un Parlement européen « très hostile »

En mars 2009, le Parlement européen, « très hostile au clonage », selon Danièle Auroi, a amendé une proposition de règlement de la Commission européenne afin d'interdire la pratique du clonage et la mise sur le marché d'aliments issus d'animaux clonés ou de leur descendance. Le Parlement n'a pas réussi à se mettre d'accord avec le Conseil, butant notamment sur la question de l'étiquetage obligatoire des denrées alimentaires issues de descendants d'animaux clonés. Fin 2013, la Commission a donc proposé un paquet législatif, court, de huit articles, omettant d'aborder la question des descendants de clones, « ni pour les interdire, ni pour mettre en œuvre un système d'étiquetage », note Danielle Auroi. Les parlementaires français remarquent par exemple que la proposition « n'interdit pas l'importation de matériel reproductif d'animaux clonés, afin de garantir, selon la Commission européenne, l'accès des éleveurs et des sélectionneurs à du matériel génétique très performant et compétitif. » Les parlementaires français s'appuient sur un rapport Eurobaromètre, publié en 2008, qui évalue à 58% la part de consommateurs européens fondamentalement opposés au clonage animal à des fins alimentaires, et à 83% la part de ceux qui souhaitent un étiquetage

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La première vache laitière battue par son clone lors d'un concours

KHW Regiment Apple-Red. C'est le nom de la première vache laitière à avoir été battue par son clone lors d'un fameux concours de race, à Madison (Etats-Unis), en octobre 2013. Son clone, dénommée KHW Regiment Apple 3 Red ETN, de trois ans sa cadette, est devenue la Grande championne de la race Red Holstein lors du World Dairy Expo, autrement dit, la meilleure Red Holstein du monde. L'original s'est placée deuxième. « Ça s'est joué sur de petits détails », commente Anthony Le Trionnaire, chef de produit pour la société d'importation de semences Bovec. « Le clone était plus en forme, plus en beauté ce jour-là ». Ce n'est pas la première fois qu'un clone remporte un concours majeur en vache laitière, mais c'est la première fois qu'il s'impose face à l'animal original. En 2005, un clone de Holstein (Vandyk-K-Integrity Paradise 2-ETN), avait déjà remporté le concours de Madison dans la catégorie « jeunes vaches », mais en l'absence de l'original (Van-dyk-K-Integrity Paradise), qui s'était imposée comme Grande championne en 2000 et 2002. « C'est amené à se reproduire, mais cela restera exceptionnel », commente le directeur général de Bovec, Gilles Florid.

de la viande issue de descendants de clones. Ils mettent également en avant le problème de bienêtre animal posé par cette technique. « À l'Inra par exemple, 25 à 30% des veaux nés vivants meurent avant l'âge de trois mois. Le syndrome du gros veaux est responsable d'environs un tiers de ces décès », notent les parlementaires.