L’agriculture et son intensification « apparaissent […] comme le principal moteur du déclin des insectes » en France, écrivent les députés et sénateurs de l’Office parlementaire des choix scientifiques (Opecst) dans une note parue le 9 décembre. Sur les 44 espèces étudiées pour la directive Habitats en 2019, rappellent les parlementaires, près de 56 % présentaient « un état de conservation défavorable ». Une perte d’effectif qui concerne « surtout les groupes d’insectes spécialistes », comme le bourdon à longue langue butinant le trèfle. Outre les pesticides, « les engrais contribuent largement au déclin des insectes, notamment en modifiant la flore utile », poursuivent les parlementaires. D’après la littérature scientifique, en plus des métaux lourds introduits dans les sols, les engrais favorisent les plantes nitrophiles, peu visitées par les abeilles. En conclusion, les parlementaires recommandent de revoir tant les procédures d’autorisation des pesticides que les aides de la Pac. Pour eux, « seules les pratiques les plus respectueuses de l’environnement devraient être aidées économiquement ».
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Autant de conclusions publiées alors que le taux moyen de mortalité des colonies d’abeilles durant l’hiver 2020-2021 est remonté à 24,8 % contre 20,9 % en 2019-2020, d’après l’enquête annuelle sur les mortalités hivernales publiée par l’Anses mi-décembre. Un chiffre qui marque une remontée après deux années de baisse, tout en demeurant inférieure à la forte mortalité de 29 % détectée en 2017. « Il nous faudrait des données sur au moins dix ans pour définir une véritable tendance », nuance Marion Laurent, chargée du projet pour l’Anses. Le chiffre, rappelle-t-elle, comprend l’ensemble des colonies faibles, bourdonneuses ou encore les accidents, en plus de colonies mortes dont la proportion s’établit à 15 %. La plateforme d’épidémiosurveillance Esa devrait, poursuit-elle, publier une analyse des facteurs de cette mortalité dès le début de l’année prochaine.