Les organisations patronales et syndicales sont parvenues à un accord pour créer une instance sociale spécifique au sein de la filière agroalimentaire bretonne, visant à renforcer le dialogue, sans interférer dans les négociations sociales dans les entreprises.
LE dialogue social au sein de la filière agroalimentaire bretonne devrait prendre une nouvelle tournure dans les prochains mois. Les partenaires sociaux ont en effet signé, le 12 juin à Rennes, la création d'une instance régionale spécifique. Son objectif général est ainsi résumé : « Contribuer à la création et au renforcement des conditions d'un dialogue social équilibré et constructif dans le secteur agroalimentaire », disent les signataires. L'Association bretonne des entreprises alimentaires (ABEA), les principaux syndicats bretons de salariés du secteur (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC) et la confédération de l'alimentation en détail (CGAD) veulent ouvrir le débat dans quatre directions : « la réflexion, l'analyse stratégique des mutations du secteur dans un objectif d'anticipation et d'adaptation » ; « la qualité du dialogue social, ses processus et ses conditions de réussite » ; « le développement de la notion d'innovation sociale » ; « le pilotage des dispositifs régionaux de formation et de leurs financements ».
Les organisations patronales et syndicales sont donc parvenues à s'entendre sur une instance de dialogue social dont les prérogatives n'interfèreraient pas sur les négociations sociales au sein de chaque entreprise. La partie était loin d'être gagnée car au départ, il était prévu que cette instance proposée par l'Etat et la Région en marge du Pacte d'Avenir pour la Bretagne (signé à l'automne entre l'Etat et les Région), « soit co-pilotée par les partenaires sociaux, l'Etat et la Région. Finalement ils sont à côté, pas dedans », explique Jean-Luc Feillant, secrétaire général de la CFDT agroalimentaire de Bretagne. Le dialogue social dans l'agroalimentaire breton nécessitait la création d'une instance de ce type, alors que des lois récentes – réforme du régime des retraites (janvier 2014), formation professionnelle (mars) – conduisent les partenaires à approfondir leurs discussions. Il y a aussi un contexte économique nouveau « marqué par une demande alimentaire soutenue dans le monde, où les IAA bretonnes peuvent être amenées à se développer dans le futur, explique Jean-Luc Cade, directeur de l'ABEA. Nous devons donc anticiper les mutations, inciter et faire des préconisations auprès de nos partenaires, mais sans entrer dans les négociations qui doivent rester dans l'entreprise ».
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L'instance bretonne traitera prioritairement de la santé au travail, de l'évolution et de la sécurisation des parcours professionnels, de la formation, de la qualité du dialogue social, etc. Il est d'ores et déjà prévu la création prochaine d'un Observatoire régional de l'emploi et de la formation. Un outil qui permettra aux partenaires sociaux « d'anticiper les problèmes », poursuit Jean-Luc Feillant. La première réunion de l'instance régionale du dialogue social dans l'agroalimentaire breton est prévue le 8 juillet prochain.