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UE/Mercosur Les pays sud-américains prêts à présenter leur offre commune à l'UE

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Les membres du Mercosur sont d'accord sur l'offre d'accès au marché à présenter à l'UE dans le cadre des négociations d'un accord de libre-échange. Cette proposition devrait être soumise à Bruxelles dans moins de deux mois et permettre une relance concrète des pourparlers entre les deux parties.

«CROYEZ le ou pas, nous avons réussi à le faire », a annoncé le 22 avril José Mujica, le président uruguayen, à l'issue d'une réunion, à Montévidéo, qui a permis aux membres du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) de trouver un compromis sur l'offre d'accès au marché à soumettre à l'UE. Selon lui, cette proposition sera présentée à Bruxelles dans moins de deux mois. Elle établit une liste de réductions douanières qui « couvre 87 % de toutes les importations du Marché commun du Sud et pourrait même atteindre 90 % », a précisé le ministère brésilien du développement, de l'industrie et du commerce extérieur.

Le compromis a été trouvé après que l'Argentine ait assoupli sa position, notamment dans les secteurs du lait et du blé (1).

Des négociations chaotiques

Après une dizaine de sessions de discussions techniques depuis la relance des négociations en 2010, l'échange des offres sur l'accès au marché entre l'UE et le Mercosur, initialement programmé à l'automne 2013, a été perturbé tant par la suspension temporaire du Paraguay du bloc sud-américain, suite au putsch parlementaire de 2012, que par les tensions commerciales entre l'UE et l'Argentine et les difficultés des pays sud-américains à s'entendre sur leur offre.

Le 21 mars dernier, les deux parties ont décidé de poursuivre les négociations sans fixer de calendrier.

La Commission européenne a alors affirmé qu'elle prévoyait d'échanger des offres d'accès au marché plus « ambitieuses » que celles qui avaient été présentées en 2004. Une déclaration qui a inquiété plusieurs États membres, dont l'Italie, la France, et l'Irlande (2).

De leur côté, les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) s'opposent à ces négociations, affirmant que, si un accord venait à être conclu, l'impact sur le secteur agricole européen serait très négatif, en particulier pour les secteurs de la viande bovine, de la volaille et du porc.

L'offre européenne de 2004

La dernière offre faite par l'UE au Mercosur date de 2004, au moment où les négociations entre les deux parties, entamées en 1999, ont été interrompues. Les Latino-Américains ont cependant formulé en 2006 de nouvelles demandes qui n'ont jamais été acceptées par les Européens.

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La proposition de l'UE prévoyait une libéralisation totale des échanges pour 83 % des exportations du Mercosur à l'époque, et partielle pour 16 % supplémentaires, dont la majorité des produits agricoles européens les plus sensibles. Le sucre était le seul grand produit exclu, y compris les produits transformés à haute teneur en sucre, avec, en compensation, un contingent tarifaire d'importation de 1 million de tonnes d'éthanol.

Les principales exportations du Mercosur sont constituées de produits sensibles pour l'agriculture européenne, notamment les viandes, les céréales et aliments pour animaux, l'éthanol, les fruits, les jus et les huiles végétales.

(1) Voir n° 3437 du 03/03/14

(2) Voir n° 3440 du 24/03/14

Uruguay : l'UE plutôt que les États-Unis

LE président uruguayen a rejeté le 22 avril la possibilité de négocier un accord de libre-échange avec les États-Unis. Ce n'est pas le moment de négocier un tel accord, alors que le Mercosur, est « sur le point » de signer un accord commercial avec l'Union européenne, a déclaré à la presse José Mujica, qui doit rencontrer le président américain Barack Obama le 12 mai.

Tout accord commercial devrait être conclu avec prudence, a-t-il ajouté, notant que l'entrée des agrumes uruguayens sur le marché américain, qui a été autorisée très récemment, « a pris 18 ans ».

L'Uruguay est lié aux États-Unis par un accord cadre de commerce et d'investissement qui a été signé en 2007, après que le chef de l'État à l'époque, Tabaré Vazquez, ait rejeté la proposition de Washington pour un accord de libre-échange.