Bien qu’ils produisent la moitié des calories alimentaires consommées dans le monde, les petits exploitants bénéficient seulement de 1,7 % des finances publiques dépensées en faveur du climat.
Les petits exploitants agricoles sont les « grands oubliés » du financement climatique, déplore un rapport publié le 12 novembre par le Fonds international de développement agricole (Fida). L’organisation précise que la définition de ces petits exploitants, pouvant cultiver entre 0,5 et 15 ha, varie selon les continents et les paramètres étudiés, mais recouvre les diverses formes d’agriculture familiale soutenues par les acteurs du développement. Alors qu’ils produisent la moitié des calories alimentaires consommées dans le monde, et qu’ils font vivre entre 2 et 2,5 milliards de personnes sur la planète, ces producteurs reçoivent seulement 1,7 % des finances publiques dépensées en faveur du climat, indique le rapport. Les auteurs précisent que le financement à l’appui des mesures de lutte contre les changements climatiques a certes dépassé, pour la première fois, les 500 Mrds $ en 2017 et 2018, mais seuls 10 Mrds $ chaque année sont arrivés aux petits exploitants. « Il est inacceptable que les personnes qui produisent la majeure partie des aliments consommés dans le monde et qui sont les plus exposées face à des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles, soient aussi celles qui bénéficient du plus faible appui », a déclaré Gilbert F. Houngbo, président du Fida, cité dans un communiqué.
De nombreux obstacles
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Aux niveaux national et international, les obstacles au financement de ces petits agriculteurs s’expliquent avant tout par la capacité technique limitée des gouvernements nationaux à assurer le respect des procédures et des normes des fonds internationaux pour le climat, mais aussi par la faible capacité d’absorption des systèmes financiers publics ou encore par la longueur des processus d’approbation et de décaissement des fonds internationaux pour le climat, explique le rapport. Au niveau infrational, la grande majorité des obstacles identifiés sont de nature commerciale. Sur ce point, le Fida souligne que « les marchés financiers ne fournissent pas de services adaptés aux besoins des agriculteurs, car les prestataires financiers ont de faibles rendements financiers étant donné les coûts de transaction élevés liés à la dispersion géographique des petits exploitants agricoles ». Enfin, le Fida explique qu’au regard de la vulnérabilité des petits exploitants agricoles vis-à-vis du changement climatique, l’accès à des capitaux disponibles est limité. En effet, les investisseurs n’osent pas financer des exploitations qui ne disposent pas d’assurances ou encore de garanties afin d’atténuer les risques.