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Bière/Evolution Les petits brasseurs ont-ils encore un avenir ?

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« Les fusions acquisitions dans le secteur de la bière ont fait que les quatre géants mondiaux qui contrôlaient 16% du marché en 2001, comptent désormais pour près de la moitié de la production mondiale ». Tel est le constat sans appel fait par une étude publiée le 18 janvier par la Rabobank. Les petits brasseurs, qui tenaient encore leur place sur des niches de marché, trouvent maintenant les quatre grands, AB Inbev, SABMiller, Heineken et Carlsberg, venir empiéter sur leurs chasses gardées. Ceux-ci sont devenus leurs principaux concurrents, plus que les autres petits brasseurs. Jusqu’à ce jour, ils avaient pu résister, mais la donne a sans doute changé, la crise économique ayant été accompagnée d’une baisse sans précédent de la consommation de bière. Les grands noms, par delà les acquisitions qu’ils n’ont cessé de faire, ont cherché à grandir, soit en pénétrant de nouveaux marchés, soit en offrant des produits différents en élargissant leur portefeuille. Les petits brasseurs demeurés indépendants ont réussi à maintenir leurs parts de marché avec 100 milliards de litres vendus, soit 53% des volumes, contre 51% en 2001. Ils ont maintenu leur part de marché, les grands faisant leur progression en rachetant leurs concurrents plus vulnérables. Mais leur capacité de résistance faiblit.

Penser une nouvelle stratégie

« En 2011, les petites unités encore présentes ne réalisent que 25% des bénéfices de la profession, pour la moitié du volume vendu », note l’étude, « alors qu’en 2002, leur part des gains avoisinait 45% ». Les leaders du secteur ont maximisé leurs résultats par des gains de productivité et en développant les marques premium, ce segment de marché étant de loin le plus rentable, notamment dans les pays émergents, selon Francois Sonneville, auteur de l’étude. Pour lui, l’actualité récente dans le monde de la bière va encore amplifier ce mouvement et la consolidation du secteur est loin d’être terminée. Ce n’est toutefois pas la fin inéluctable des petits brasseurs, ose espérer la Rabobank. La conjoncture actuelle de crise dans les pays matures peut amener les grands du secteur à ne plus se focaliser sur la seule croissance des volumes, mais à privilégier la profitabilité des marques en leur possession. Cela donnerait un certain répit aux petits. Rabobank leur conseille de mettre ce laps de temps pour repenser leurs coûts de production et envisager des regroupements ou des partenariats entre eux, afin de réduire les coûts d’achat ou de production, ce qui pourrait les conduire à des économies d’échelle.

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