Le premier collecteur de lait bio en France planche sur plusieurs pistes pour contrebalancer la forte hausse de ses coûts logistiques, surtout dans les zones à faible densité. Y compris en pensant à lancer une marque propre.
Biolait a décidé de s’attaquer à la question de la perte de rentabilité de la collecte dans les zones à faible densité laitière à l’occasion de son assemblée générale tenue les 1er et 2 avril. Concrètement, les adhérents et leurs partenaires vont devoir « identifier et mettre en place des solutions permettant de garantir un niveau de coût soutenable dans la durée : accueil et recherche de nouveaux adhérents, recherche de débouchés locaux, optimisations logistiques avec d’autres acteurs », selon un communiqué, ou encore travailler sur de nouveaux cahiers des charges spécifiques assortis de débouchés locaux. Mais si aucune solution n’est trouvée, l’organisation de producteurs (OP) commerciale prévient que « la poursuite de la collecte dans certaines zones pourrait être réévaluée ».
Des produits à sa propre marque
Une autre piste a été annoncée : lancer une étude pour évaluer l’opportunité de mettre sur le marché un ou plusieurs produits en marque propre. Cette étude, qui va être lancée dans les prochaines semaines et confiée à un cabinet extérieur (non encore identifié), verra ses conclusions présentées lors de l’assemblée générale en 2027. L’idée est de « créer de la valeur ajoutée et diversifier les débouchés du groupement, aujourd’hui principalement centrés sur la vente de matière première » et « renforcer le lien avec les consommateurs ». Biolait compte aussi sur la reprise de la consommation du lait, des yaourts et des fromages bio par le grand public et sur les programmes opérationnels de la Pac qui vont être déployés cette année.
Biolait est confronté depuis plusieurs années à une hausse de ses coûts de collecte. « Les charges de transport et de logistique ont augmenté de 45 % au cours de cinq dernières années », rappelle Philippe Marquet, le président de l’OP, fraîchement réélu. En outre, Biolait connaît une baisse régulière du nombre de producteurs – par cessation d’activité ou passage en lait conventionnel – et donc des volumes collectés, qui sont en retrait de 7 % en 2025 par rapport à 2024, à 226 millions de litres de lait. Dans certaines régions, éleveurs et transformateurs trop éloignés les uns des autres, sont à l’origine de frais de transport trop élevés.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En 2025, Biolait a payé le lait 510 €/1 000 l (primes inclues), mais ne donne pas de prévision pour 2026. L’acompte pour le premier trimestre 2026 est de 460 510 €/1 000 l, hors rémunération liée à qualité et aux programmes opérationnels.
CB