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Sel dans les aliments Les PME européennes insatisfaites des réponses de Bruxelles

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« Les travaux scientifiques européens sont d’avis que les niveaux actuels de consommation de sel dans l’alimentation sont associés directement à une plus grande probabilité d’un développement des maladies cardio-vasculaires et des maladies rénales. Pour ces raisons, les organismes tant nationaux qu’internationaux ont fixé des objectifs pour une réduction du sodium consommé dans l’alimentation ». C’est en substance ce que la DG Sanco a répondu à l’UEAPME, le lobby des PME européennes, qui lui avait demandé de lui fournir un avis scientifique qui confirmerait ou infirmerait les bienfaits éventuels de la réduction du sel dans les aliments. Les PME ne sont pas d’accord et exigent de nouvelles recherches.

En février dernier, on s’en souvient Cf Agra alimentation n°2055 du 26.02.09 p.11, l’UEAPME –section agroalimentaire- avait écrit à la DG Sanco pour lui faire part de ses inquiétudes au sujet des initiatives de la Commission européenne en vue de limiter les teneurs en sel dans les aliments, initiatives qui s’inscrivent dans le « Cadre européen pour les initiatives nationales de réduction des apports en sel ». Elle avait demandé à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) un avis scientifique qui confirmerait ou infirmerait les « bienfaits éventuels de la réduction du sel dans les aliments des Européens en bonne santé ». Dans sa réponse la DG Sanco rappelle aux PME européennes que les bases scientifiques des initiatives réglementaires et non réglementaires de l’UE en matière de réduction des teneurs en sel dans les aliments se fondent sur les avis de l’AESA (Autorité européenne de sécurité des aliments). Le 21 avril 2005, l’AESA a en effet publié un avis concernant une demande de la Commission relative à l’apport maximal tolérable de sodium dans l’alimentation (voir encadré). Dans celui-ci les scientifiques européens estiment que l’apport habituel en sodium pour la population en Europe est élevé et dépasse le montant requis pour une fonction normale. Ils précisent que « les niveaux actuels de consommation de chlorure de sodium dans l’alimentation sont associés directement à une plus grande probabilité de voir augmenter la pression artérielle, qui, elle-même, est liée directement au développement de ma-ladies cardio-vasculaires et d’insuffisances rénales ». 

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Des études jugées trop anciennes

Une réponse qui manifestement ne convainc pas les PME européennes pour qui l’avis de l’AESA fait référence à partir d’avril 2005 à des données scientifiques qui ont été collectées en 2004. A leurs yeux, les résultats de l’AESA ne donnent « absolument aucune justification » à la conclusion que « l’apport habituel de sodium pour les populations à travers l’Europe est élevé et dépasse les montants requis pour un fonctionnement normal». Contacté par Agra alimentation, Ludger Fischer, le responsable de la section agroalimentaire de l’UEAPME, explique que la réponse de la DG Sanco est une « réponse très formelle qui ne tient pas du tout compte des études récentes » qui, selon lui, « seraient arrivées à la conclusion selon laquelle une augmentation de la pression artérielle liée à une forte consommation de chlorure de sodium ne peut être attribuée qu’à une petite partie de la population européenne ». A son avis, l’UE doit procéder à de nouvelles recherches car les consommateurs en bonne santé ne connaissent pas de problème par rapport au sel et seules les personnes qui ont des maladies spécifiques peuvent avoir des problèmes avec la consommation excessive de sel ». Soulignant que le sel « détermine la sécurité et la durée de vie des produits alimentaires » et qu’il joue aussi « un rôle essentiel dans le processus de maturation », Ludger Fischer émet l’espoir que la Commission en tiendra compte dans toutes ses activités et ses initiatives réglementaires et qu’elle poursuivra les négociations sur cette question.