Si la Commission européenne ne cesse pas ses initiatives visant à limiter les teneurs en sel dans les aliments, l’UEAPME, le lobby des PME européennes, prévoit rien de moins qu’une « prolifération des intoxications alimentaires, voire carrément la réduction de la durée de vie des consommateurs ». Il réclame en conséquence de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Aesa) un avis scientifique sur les « bienfaits éventuels de la réduction du sel dans les aliments des Européens en bonne santé ».
Les membres de l’UEAPME (Union européenne de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises) estiment que toute nouvelle réduction de la teneur en sel des aliments « peut sérieusement raccourcir la durée de vie des consommateurs et augmenter de façon significative les risques d’intoxication alimentaire ». Le sel, soulignent-ils, « fait partie d’un système complexe de préservation de la microbiologie des fromages et de nombreux autres produits ». C’est le sel « qui détermine la sécurité et la durée de vie des produits alimentaires » et qui joue également « un rôle essentiel dans le processus de maturation ». Les défenseurs des intérêts des PME dénoncent dès lors les nombreuses initiatives de la Commission européenne visant à une limitation de la teneur en sel des aliments et en particulier celles prévues dans le cadre du règlement 1924/2006 sur les allégations nutritionnelles et de santé et celles qui visent à une restriction générale dans le « Cadre communautaire des initiatives nationales de réduction du sel dans les aliments ».
Sus aux initiatives nationales de réduction du sel
L’UEAPME condamne le fait que « sans fondement scientifique adéquat, la Commission européenne a lancé le «Cadre européen pour les initiatives nationales de réduction des apports en sel». Elle regrette que Bruxelles ait mis la réduction de sel dans les aliments « au premier rang de ses priorités ». Selon le lobby des PME, l’apport en sel est considéré comme « malsain sans aucune justification scientifique ». Quant à l’une des hypothèses affirmant que l’excès de sel augmenterait la pression artérielle des personnes en bonne santé ou serait responsable de maladies cardio-vasculaires, l’UEAPME rétorque qu’il s’agit là de « théories sur lesquelles de nombreux experts sont en désaccord ». D’autres études, soutiennent les PME, « n’ont montré aucun effet de l’apport en sel élevé pour les personnes en bonne santé ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En conséquence, pour partager partisans et détracteurs de la réduction des apports de sel dans les aliments, l’UEAPME appelle l’Autorité européenne de sécurité alimentaire à produire un avis scientifique sur la justification de tout projet de réglementation visant la réduction de sel dans les aliments des consommateurs européens bien portants.