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UE/Etiquetage Les PME veulent gommer l’obligation de mentionner le pays d’origine sur les étiquettes

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Les PME européennes prépareraient-elles une offensive musclée contre le projet communautaire de rendre obligatoire la mention du pays d’origine des denrées alimentaires sur les étiquettes ? C’est en tout cas ce que laissent supposer les arguments de lobbying qu’elles comptent présenter aux ministères nationaux pour leur expliquer « l’impossibilité » d’une telle approche. Des ministères qui seront priés à leur tour de répercuter les mêmes arguments au niveau des Etats membres de l’UE dans l’espoir de convaincre ces derniers d’ abandonner cette idée dans la proposition de règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires en cours d’examen au Conseil.

Pour alimenter son offensive contre le projet d’étiquetage obligatoire du pays d’origine des denrées alimentaires, l’UEAPME a préparé quatre arguments « majeurs », arguments qui, selon elle, seraient en mesure d’apporter la démonstration de l’ « impossibilité » d’une telle approche au niveau européen. Les associations membres de l’UEAPME sont pour leur part encouragées à utiliser ces éléments de discours dans leur lobbying auprès des ministères nationaux afin d’amener le Conseil des ministres de l’UE à se rendre compte « de l’impasse inévitable » à laquelle mènerait le projet de la Commission européenne appuyé, rappelons-le, par un grand nombre de producteurs agricoles, par les consommateurs et par le Parlement européen.

Quatre arguments moteurs
Quels sont ces quatre fameux arguments ? Tout d’abord obliger un producteur à mentionner le pays d’origine sur ses étiquettes « ne fournirait aucune information fiable aux consommateurs », selon l’UEAPME. « Made in » ou « Transformé à » n’indiquerait « que le pays où la dernière modification importante du produit aurait eu lieu » mais pas « où est né l’animal, où il a été élevé et où il a été abattu », explique le lobby des PME qui précise que la mention de l’origine « n’apporterait pas d’information ni sur la sûreté, la qualité, la fiabilité et encore moins sur le processus de production de l’aliment ». La mention de l’origine ne fournirait d’autre part que des « informations ambigües et peu fiables ». D’ailleurs, dit l’UEAPME, cette demande de mentionner obligatoirement le pays d’origine « ne proviendrait pas vraiment des consommateurs eux-mêmes mais seulement de quelques associations de consommateurs » car, encore une fois, cette mention obligatoire « ne donnerait pas d’informations sur la qualité des aliments ». Et de toutes les façons, rappelle l’UEAPME, « il existe déjà une règlementation suffisante qui protège certains produits typiques traditionnels et qui sont spécifiques à certaines régions ». Pas besoin donc d’en rajouter. Le troisième argument avancé par l’UEAPME consiste à dire que rendre obligatoire la mention du pays d’origine des produits n’aboutirait qu’à « créer de nouveaux obstacles bureaucratiques avec son cortège de coûts supplémentaires et de procédures fastidieuses pour les entreprises mais aussi d’augmentations des prix pour les consommateurs », une attitude « pas du tout compatible », dit le lobby des PME, « avec l’ambition affichée de l’Union européenne de réduire la bureaucratie et de faciliter la vie des entreprises ». Le quatrième argument servi aux membres de l’UEAPME est que la mention obligatoire du pays d’origine sur les étiquettes « aurait des relents de protectionnisme » et qu’elle n’apporterait « aucune information utile aux consommateurs ». Une telle mention ne pourrait « tout au plus être utilisée qu’à des fins de concurrence ». Rien de plus.

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