Abonné

Les poids lourds nationaux de l’agroalimentaire en difficultés

- - 3 min

Les groupes Arcor et Molinos Río de la Plata ne rendent pas publics leurs résultats financiers, pas plus qu’ils n’accordent d’entretien à la presse, dans un climat politique et économique tendu.

Les groupes Arcor et Molinos Río de la Plata ne rendent pas publics leurs résultats financiers, pas plus qu’ils n’accordent d’entretien à la presse, dans un climat politique et économique tendu.

Les deux premiers groupes agroalimentaires d’Argentine de capitaux nationaux sont Arcor et Molinos Río de la Plata. Tous deux sont de très grands producteurs de grains (Molinos Río de la Plata sème ainsi 45 000 hectares de blé dur pour sa production de pâtes) et partagent une culture du secret exacerbée en ces temps d’intervention de l‘État sur leur marché.

Aucune demande d'interview n'est prise en compte et leurs résultats financiers sont difficiles à obtenir. Le registre du commerce compétent (Inspección General de Justicia) invite à adresser une lettre à l’inspecteur général en personne pour lui soumettre tout demande concernant les comptes. Et ni la Bourse du commerce de Buenos Aires, ni l’autorité régulatrice des marchés financiers ne fournissent non plus ce type d’information, alors que Molinos Río de La Plata et Quickfood sont des entreprises cotées en Bourse. Elles ne rendent pas publics leurs résultats « alors que c’est légalement obligatoire », reconnaît Leopoldo García, de la Bourse du Commerce. « Seuls les actionnaires sont informés », précise-t-il.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Il faut donc se contenter des quelques chiffres qui circulent. Des chiffres "à prendre avec des pincettes" de l’aveu même du Syndicat des travailleurs de l’agroalimentaire, compte tenu de certaines différences de normes comptables. Ainsi, selon ce syndicat, aussi bien Arcor que Molinos Río de la Plata ont présenté des bilans négatifs pour l’exercice 2018. Des pertes de 1 010 millions de pesos (21 M€) pour le premier et de 1 072 millions de pesos (22,3 M€) pour le second. Une situation dont s'alarme le syndicat étant donné que les deux groupes possèdent des filiales dans tout le pays et que cela fait planer des menaces de licenciements.

Le groupe Molinos Río de la Plata, contrôlé par la famille Pérez Companc, et qui réalise environ les deux tiers de son chiffre d'affaires à l'export, a justifié ses pertes du fait de l’impact sur sa dette en dollars de la dévaluation du peso, dont la valeur par rapport au dollar est passée de 30 à 45/1 en l’espace de quelques mois. De son côté, le CEO d’Arcor, Luis Pagani, explique les pertes de son groupe par la chute du pouvoir d’achat des Argentins lié à l’inflation. Il a commenté son dernier bilan par un euphémisme : « Nous commençons à considérer les chiffres réalisés en Argentine sous des normes comptables destinées à des économies hyper-inflationnistes… »