Le 29 mai, l’ouverture de la Semaine du développement durable à Paris par Nicolas Hulot était l’occasion de faire un point sur les 17 Objectifs du développement durable (ODD) à horizon 2030 adoptés par l’ONU en mars. En France, les pouvoirs publics sont face à l’épineuse définition de « l’agriculture durable », un des objectifs à atteindre.
Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a prononcé son premier discours en ouverture de la Semaine du développement durable à Paris, le 29 mai. « Le développement durable est un contrat de société. […] Dans les territoires, il doit donner une alimentation saine pour tous […] », a-t-il affirmé. Cette semaine doit permettre de faire le point sur les 17 objectifs onusiens du développement durable (ODD) à horizon 2030, adoptés en mars, dont le numéro 2 porte sur la sécurité alimentaire et l’agriculture durable. Ces ODD seront le cadre « structurant la mise en œuvre du développement durable en France au cours des quinze prochaines années », selon le ministère.
Derrière les mots
Le ministre a nuancé : « Je me méfie de la sémantique. » En effet, derrière les mots, il reste à définir plus finement les indicateurs de suivi de ces ODD. Au total, il y en a 229 toutes thématiques confondues. En France, ils sont coordonnés par l’Insee. Treize d’entre eux permettent de suivre le fameux ODD2 sur l’alimentation et l’agriculture. Pour l’heure, ils sont peu, voire pas du tout, renseignés (1). Une adaptation des indicateurs est nécessaire pour chaque pays. Dans la liste onusienne, on lit par exemple : « la proportion de zones agricoles exploitées de manière productive et durable », mais sans davantage de précision sur ce que signifie « productive et durable ». C’est ce sur quoi vont devoir plancher les pouvoirs publics.
Qui pilote ?
En France, Laurence Monnoyer-Smith, déléguée interministérielle au développement durable, a rappelé que le travail est en cours pour définir « l’agriculture durable » et ses indicateurs. Cette notion peut en effet inclure de nombreuses pratiques agricoles. Martin Bortzmeyer, adjoint au chef de la délégation interministérielle au développement durable, précise à Agra : « On peut penser à l’agriculture bio. Mais il n’y a pas que cela. Il y a l’agroécologie et d’autres pratiques… ». Et d’ajouter : « Je ne m’aventure pas trop sur ce sujet. Nous sommes coordinateurs. Mais on souhaite s’appuyer sur plusieurs ministères. Ainsi, le ministère de l’Agriculture est pilote sur l’objectif 2 ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
(1) https ://www.insee.fr/fr/statistiques/2654942?sommaire=2654964
« On peut penser à l’agriculture bio. Mais il n’y a pas que cela. Il y a l’agroécologie et d’autres pratiques… », illustre M. Bortzmeyer
Nicolas Hulot fixe l’objectif de 50 % bio pour les Etats généraux de l’alimentation
Prenant les devants sur le ministre de l’Agriculture, Nicolas Hulot s’est exprimé sur les objectifs à atteindre dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation, dans une interview donnée au JDD le 29 mai. « La restauration collective, ce qu’on mange dans les crèches, dans les écoles, dans les restaurants d’entreprise, c’est un levier formidable. Allons vers le 50 % bio, ce serait déjà génial. Privilégions aussi les circuits courts. C’est plus créateur d’emplois que le modèle conventionnel », a-t-il expliqué. Il a expliqué la méthode à privilégier : « Il s’agit de s’inspirer du Grenelle de l’environnement pour établir un dialogue de confiance et de respect entre tous ceux qui ont une responsabilité, de la fourche à la fourchette ». Il a tout de même précisé que tout cela serait conduit « sous l’égide du ministre de l’Agriculture ».