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Semences Les premier pas de Limagrain sur le marché mondial des semences OGM

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Limagrain, coopérative agricole française, vient d’obtenir sa première homologation, aux Etats-Unis, pour une semence OGM. Lors d’une conférence à Paris le 15 novembre, le groupe a précisé que ce n’était qu’un début.

«Nous avons obtenu aux Etats-Unis et en partenariat avec KWS (société familiale allemande spécialisée dans la sélection végétale), en septembre dernier une homologation pour un maïs résistant à un herbicide », a déclaré Jean-Yves Foucault, président de Limagrain (coopérative agricole française), lors d’une conférence à Paris, le 15 novembre. Produit sur le territoire des Etats-Unis, les semences ne seront commercialisées qu’à condition de trouver des marchés preneurs, notamment au Japon, en Chine ou encore dans l’Union européenne. « Nous ne sommes pas les leaders sur le marché, mais nous avons aussi pour projet de travailler sur une résistance aux insecticides », précise Jean-Yves Foucault. Limagrain a investi 188 millions d’euros dans la recherche (sélection variétale, biotechnologie) en 2012/2013 contre 165 millions d’euros en 2011/2012. D’ici deux ans, la coopérative française espère pouvoir produire une semence de maïs OGM avec une double résistance (insecticide et herbicide). Car une seule résistance, ce n’est pas suffisant sur le marché mondial. « Nous n’avons pas vraiment d’offre de semences OGM. Mais c’est notre objectif », poursuit-il. Les plus grandes multinationales des semences agricoles commercialisent des variétés multi-résistantes (insecticides, herbicides…). Cette offre de semence est la référence à proposer pour ne pas être exclu du marché mondial des semences OGM dominé par les deux géants américains Monsanto et Dupont Pionner ou encore le groupe suisse Syngenta.
 
Dans le sillage des leaders
C’est au milieu des années 1990 que les premières plantes transgéniques sont commercialisées aux Etats-Unis. Il s’agissait de tomates à mûrissement retardé. Vingt ans plus tard, les semences de plantes OGM représentent 50% du marché mondial en valeur. Selon le Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences), « de 1996 à 2012, la superficie cumulée de plantes génétiquement modifiées (PGM) a atteint plus de 1,26 milliard d’hectares, l’équivalent de la superficie d’un pays comme la Chine ». Avec l’obtention d’une homologation de maïs OGM résistant à un herbicide aux Etats-Unis, l’auvergnat Limagrain, 4e semencier mondial, fait ses premiers pas sur le marché des OGM. La route est encore longue et la coopérative semble s’y être bien engagée. En 2013, Limagrain fait l’acquisition de trois laboratoires de fonds génétiques au Brésil. « C’est une petite acquisition, mais elle va nous permettre de construire notre génétique spécifique », explique Jean-Yves Foucault. La stratégie internationale de la coopérative ne s’arrête pas au continent américain. Limagrain a pris participation à hauteur de 15% dans Seed Co (1er semencier africain). « C’est le début d’une aventure africaine. Il nous faut prendre pied sur le territoire progressivement », explique-t-il. Seed Co qui siège au Zimbabwe est le premier fournisseur de semences de l’Afrique subsaharienne. « Après l’acquisition de Link Seed (société sud-africaine) début 2013, notre intérêt stratégique est de poursuivre l’implantation sur un marché d’avenir, au travers d’une participation minoritaire active », conclut Jean-Yves Foucault.

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