En 2007, le chiffre d’affaires des entreprises agroalimentaires de 20 salariés et plus progresse de 7,2% et de 10% à l’export. Les investissements augmentent plus fortement encore (+14,6 %). Le résultat courant s’améliore légèrement mais l’emploi peine à se stabiliser, a annoncé Agreste, la publication du service statistique du ministère de l’Agriculture.
Selon les résultats provisoires de l’enquête annuelle d’entreprise du Scees, le service statistique du ministère de l’Agriculture, les 2955 entreprises agroalimentaires de plus de 20 salariés ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de 7,2 % pour atteindre 138 milliards d’euros. Un résultat en phase avec la croissance de 7 % évoquée par l’Ania sur la base d’une population complète de 10 000 entreprises totalisant 154 milliards de chiffre d’affaires (voir encadré). Pour le Scees, ce taux de croissance de 7,2 %, après une croissance de 3,3 % en 2006, est légèrement supérieur à celui du reste de l’industrie. C’est surtout du jamais vu depuis dix ans dans l’agroalimentaire et en grande partie le reflet de l’évolution de 4,5 % des prix à la production (contre +2,2 % en 2006), liée à l’envolée des cours. A prix constants, la croissance n’est plus que de 2,6 %, mais dépasse quand même de beaucoup celle des dernières années (+1,1 % en 2006).
Vif rebond des investissements
Les améliorations du chiffre d’affaires se conjuguent avec celle du résultat courant qui a atteint 6,2 milliards d’euros (soit un ratio moyen de 4,5 % sur le chiffre d’affaires contre 4,2 % en 2006). Elles sont principalement liées à la forte demande mondiale. Les exportations de ces entreprises ont d’ailleurs augmenté plus vite que pendant toute la décennie, de +10% sur un an, pour atteindre 25,7 Mds d’euros.
En France, le secteur est aussi soutenu par la hausse de la consommation des produits de l’industrie alimentaire (+2,9% en 2007) malgré une augmentation des prix de détail de 1,3% Il s’agit ici des prix de détail de l’alimentation hors produits frais, indice calculé par l’Insee en moyenne arithmétique des 12 indices mensuels (même si en comparant décembre 2007 à décembre 2006 l’indice Insee a augmenté davantage, + 3 %, étant donné les fortes hausses de fin d’année)..
En conséquence, les investissements corporels du secteur (évalués à 4 Mds d’euros) ont explosé l’an dernier, progressant de 14,6 % contre une hausse de 4 % en 2006 et des baisses sensibles de 2002 à 2005. Cette progression résulte certes de la création d’usines de biocarburants mais elle provient aussi pour les deux tiers des autres secteurs (industrie laitière, boissons rafraîchissantes, alimentation animale, boulangerie industrielle).
Embellie quasi généralisée
Tous les secteurs bénéficient, à vrai dire, de l’embellie, particulièrement les industries du lait, de viandes, de fruits et légumes, de boulangeries et pâtisseries, de boissons et de chocolaterie-confiserie, ainsi que les fabricants de plats préparés et d’alimentation diététique, souligne Agreste.
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Le chiffre d’affaires de l’industrie des viandes a augmenté de 3,3% en 2007 et de 9 % dans le secteur de l’abattage et de la découpe de volailles, ce qui constitue un vrai redressement lié à une forte hausse des prix. L’industrie laitière, du fait de la flambée des cours et aussi d’une forte demande extérieure, a augmenté ses ventes de 10 % (+15 % pour le lait liquide et les produits frais, +12 % pour les fromages et +27 % pour les laits concentrés et les produits dérivés) et son résultat courant s’est amélioré, mais les effectifs ont continué de diminuer dans la fabrication du lait liquide et des produits frais notamment.
L’industrie des boissons a enregistré une hausse de 6,6% du chiffre d’affaires et a encore généré le meilleur ratio de résultat courant (10,3 % du chiffre d’affaires). Principaux bénéficiaires, le cognac et le champagne, tandis que la bière et les eaux de table ont pâti d’un été médiocre, le résultat courant des boissons rafraîchissantes se détériorant encore.
Le travail du grain et des amylacés a bien évidemment vu son chiffre d’affaires, en hausse de 16 % gonflé par la flambée des cours, celui des corps gras a crû de 12 %. L’industrie des fruits et légumes a aussi dû sa croissance (+7 %) à la forte hausse des prix (pommes de terre, jus de fruits). Les industries alimentaires diverses augmentent au même rythme avec des exportations en hausse de 12 %, voire 15 % pour les produits diététiques, la chocolaterie et les plats préparés. Seule l’industrie sucrière affiche un recul de son activité en valeur, la réforme de l’OCM se traduisant par une baisse importante du prix du sucre et des volumes exportés hors Union européenne.
L’emploi à la traîne
Dans cette phase d’accélération pour l’industrie alimentaire, le Scees note que « seul l’emploi reste en retrait. Le recul des effectifs, de 0,3% en 2007, correspond environ à la perte d’un millier d’emplois. Il est concentré dans l’industrie des viandes et la fabrication de boissons », selon l’enquête.
A l’inverse, des emplois ont été créés dans la boulangerie-pâtisserie, les fruits et légumes, l’industrie des corps gras ainsi que dans la transformation du poisson. Cependant, « le recours à l’intérim s’intensifie dans presque tous les secteurs », ajoute Agreste.