Abonné

Nutrition/UE Les problèmes d’obésité sont du ressort avant tout des États membres selon Bruxelles

- - 6 min

Le domaine de la santé publique en matière de nutrition est principalement de la responsabilité des États membres. Le rôle de la Commission européenne se limite à soutenir les efforts nationaux, en particulier par le biais de la législation alimentaire. C’est, en substance, la réponse qu’a donnée John Dalli, le commissaire européenne à la santé et à la protection des consommateurs à un eurodéputé qui le questionnait sur les mesures concrètes que la Commission entreprend pour protéger les consommateurs en ce qui concerne la législation alimentaire et pour lutter contre les problèmes connexes de l’obésité et d’autres risques sanitaires, en particulier chez les enfants.

Au moment où les problèmes d’obésité de la population et en particulier des enfants deviennent de plus en plus flagrants et au milieu des débats à Bruxelles sur la manière de réorganiser la production alimentaire afin de la rendre plus respectueuse de l’environnement, des préoccupations croissantes se font jour dans toute l’Europe sur les politiques et réglementations alimentaires au niveau de l’Union européenne en liaison avec ces problèmes. Notamment au sein du Parlement européen où tout récemment un député du PPE, Jan Brezina (Tchéquie), a posé une série de questions à la Commission européenne en expliquant que les consommateurs européens sont très confus par le labyrinthe actuel des allégations nutritionnelles et de santé et que des exigences plus claires et plus nettes sont désormais nécessaires pour les aider à comprendre « quels sont les produits alimentaires pauvres en gras et en sel, lesquels sont vraiment biologiques ou encore lesquels relèvent du commerce équitable. Il estime également indispensable une plus grande coopération entre les pays de l’UE en vue d’assurer à leurs citoyens une production alimentaire durable et de protéger les consommateurs en ce qui concerne l’augmentation des problèmes d’obésité, de diabète et autres soucis de santé. Le député tchèque a notamment dénoncé le problème des publicités alimentaires en soulignant que « les enfants sont tout particulièrement vulnérables à la publicité pour les boissons sucrées, les chips et la restauration rapide», qui, précise-t-il, « avec l’inactivité sont blâmés pour être responsables de l’augmentation des problèmes de poids et de santé ». Selon lui, « quelque 22 millions d’enfants dans l’UE sont considérés comme en surpoids ou obèses, un chiffre qui augmente de 400 000 unités par an ».

L’engagement volontaire de« EU Pledge » cité en exemple
Dans sa réponse le commissaire européen, John Dalli, a été très clair : « Les problèmes de surpoids, de nutrition, de santé publique sont de la responsabilité première des Etats membres et la Commission européenne soutient leurs efforts par le biais d’une série d’activités et en particulier celui de la législations alimentaire ». Sans remonter à Mathusalem, il a ainsi précisé qu’en 2007, la Commission a adopté un Livre blanc intitulé Une stratégie européenne pour les problèmes de santé liés à la nutrition, la surcharge pondérale et l’obésité. Stratégie qui a été mise en œuvre à travers des activités de la Commission ainsi que la coopération entre les États membres dans les Groupes de haut niveau sur la nutrition, la santé et l’activité physique, et grâce à des initiatives volontaires prises par les intervenants multisectoriels au sein de la Plate-forme européenne d’action pour l’alimentation, l’activité physique et la santé. Ces activités, a indiqué John Dalli, « allant de la promotion d’une alimentation saine et l’activité physique pour réduire la consommation de sel et d’autres nutriments dans les aliments ». Comme autre activité, le commissaire européen a également cité l’engagement volontaire d’un groupe de grosses sociétés agroalimentaires de premier plan européennes dans le cadre de qu’elles ont appelé le Pledge4EU. En 2010 Coca-Cola, Kellogg, Mars, Nestlé, PepsiCo et Unilever, entre autres, se sont volontairement engagées à renoncer aux publicités destinées aux enfants de moins de 12 ans. Cet engagement définit une série de critères minimaux : « aucune publicité destinée aux enfants de moins de 12 ans » (à l’exception toutefois des produits satisfaisant à des critères nutritionnels précis), « aucune communication spécifique aux produits dans les écoles primaires (enfants de moins de 12 ans) (à moins là aussi qu’elle ne résulte d’une demande ou d’un accord express de l’administration scolaire à des fins pédagogiques), « La publicité destinée aux enfants de moins de 12 ans » correspond à la publicité visant un public cible comprenant au moins 50% d’enfants de moins de 12 ans». Selon le commissaire européen, les sociétés membres du EU Pledge « ont volontairement limité leurs publicités pour les aliments et les boissons pour les enfants de moins de 12 ans dans toute l’Union ». En outre, a-t-il indiqué, « la Directive européenne sur les médias audiovisuels a plaidé pour une approche d’auto-réglementation dans le domaine de la publicité alimentaire destinée aux enfants, mais celle-ci n’exclut pas la possibilité pour les Etats membres de légiférer en la matière ».

Les consommateurs peuvent s’informer sur un site dédié
En ce qui concerne les mesures réglementaires proprement dite, le commissaire a cité notamment le règlement 1169/2011 sur « l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires » et précisé que celui-ci aidera les consommateurs à voir plus clair « car il instituera l’étiquetage nutritionnel obligatoire ». John Dalli a cité également le Règlement 1924/2006 concernant « les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires », lequel, selon lui, « fournit un cadre clair pour l’autorisation des d’allégations nutritionnelles et de santé ». Le commissaire a par ailleurs précisé que la Commission a récemment adopté une liste des allégations nutritionnelles et de santé autorisées « et que la liste des allégations non-autorisées peuvent être facilement consultées dans un registre disponible sur un site web spécifique». Toutes ces actions, estime John Dalli, « devraient permettre aux citoyens de faire des choix alimentaires éclairés ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
nutrition
Suivi
Suivre