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Les producteurs d’additifs s’indignent

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« On ne comprend pas ». Du côté des producteurs d’additifs et d’ingrédients, ces quatre mots reviennent comme un leitmotiv. La campagne de promotion lancée le 22 octobre par la Collective du sucre (Cedus) n’a pas fini de faire parler d’elle. La jugeant « déplorable », Jean-Luc Pelletier, délégué général de l’Union des syndicats des industries des produits amylacés et de leurs dérivés (USIPA) ne manque pas de souligner son caractère « inopportun» et « dommageable pour l’industrie agroalimentaire comme pour tous les ingrédients ». Philippe Leclercq, directeur de l’unité opérationnelle alimentation humaine de Roquette, estime pour sa part « normal que chacun mette en avant les propriétés de ses produits, mais il ne faut cependant pas pour autant dénigrer ceux des autres». La secrétaire générale du Syndicat national des producteurs d’additifs et d’ingrédients de la chaîne alimentaire (Synpa), Jeanne Ribault, préfère quant à elle croire que « le Cedus n’a sans doute pas très bien compris l’intérêt de réagir sur l’obésité ». Si malentendu il y a, les syndicats de fabricants concernés n’entendent pas pour autant rester les bras croisés. Un référé pourrait être ainsi déposé devant la justice mais ce n’était pas le cas à l’heure où nous mettions sous presse. Et des explications s’annoncent inévitables au sein du bureau de l’Ania, où siègent sucriers et producteurs d’ingrédients, entre autres.

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Une qualité mise en doute ?

En invitant les consommateurs « à s’interroger sur les effets santé » des substituts du sucre, ainsi qu’en remettant en cause leur efficacité, notamment en terme de réduction du taux de calories, le Cedus « laisse planer un doute sur la réelle qualité des additifs », remarque Jean-Luc Pelletier. Roquette, le leader mondial des polyols, a précisément choisi de miser sur les produits « nutrition-santé » comme axe stratégique de développement. Selon Philippe Leclercq, « une part importante » de l’activité « alimentation humaine » (50 % de ses deux milliards d’euros de chiffre d’affaires) de cette entreprise familiale est d’ores et déjà réalisée sur ce créneau porteur. Un positionnement qui devrait d’ailleurs permettre à Roquette de réaliser l’essentiel de sa croissance sur les années à venir. Pour l’heure, « j’imagine que nos clients sont contrariés par cette campagne » regrette en toute logique le dirigeant. Sollicité par le Sial pour être présent sur le « Village nutrition » du salon, la société nordiste y présente son « Maltisorb ». Cet additif dérivé du malt possède une composition « très stable, très proche de celle du sucre », et vise notamment à remplacer le sucre dans le chocolat. En plein dans la ligne de mire de la Collective du sucre…