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Chiffres Les producteurs d’aliments du bétail entre développement durable et compétitivité

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Avec une baisse de 6,2% en 2009, la production française d’aliments composés pour animaux connaît un recul beaucoup plus important que le reste de la production européenne (-3,8%). Une chute d’activité qui a introduit la question de la compétitivité française et du développement durable au sein des débats de l’assemblée générale du Snia (Syndicat national de l’Industrie de la nutrition animale), le 4 juin au Mans.

Le développement durable s’est imposé au cœur des débats de l’assemblée générale du Snia (Syndicat national de l’Industrie de la nutrition animale), le 4 juin au Mans. Un premier bilan de la « mission développement durable » (créée en 2009) a permis de mettre en lumière la constitution d’indices carbone pour près de 95% des matières premières utilisées en alimentation animale, et ce afin d’évaluer leur surcoût en termes d’émissions carbone. Or les premiers résultats de la mission technique spécifique constituée par les syndicats de la nutrition animale et Tecaliman (Centre technique de l’alimentation animale en France) révèlent que les émissions de gaz à effet de serre des co-produits (tourteaux et coproduits de céréales notamment) entrant dans la composition de l’aliment pour animaux seraient plus élevées que celles des matières premières brutes (céréales, pois…).
Selon Adolphe Thomas, président du Snia, « il s’agit là d’un véritable enjeu de développement durable pour tout le secteur agro-industriel ». Et d’expliquer : « Il importe que les choix méthodologiques ne viennent pas à l’encontre de l’objectif attendu. » Autrement dit, éviter qu’un indicateur fondé uniquement sur l’empreinte carbone pénalise la valorisation des coproduits.
D’autant plus que, selon François-Christian Cholat, dirigeant de la société GAIC (fabricants d’aliments), « le coût du transport (en matière environnementale) est nettement supérieur à celui de la production ».

Transport 44 tonnes : une solution rapide espérée
De quoi relancer le débat sur le dossier du transport par camions de 44 tonnes. « Espérons qu’enfin les promesses maintes fois formulées seront suivies d’effet », a affirmé Adolphe Thomas à propos des récentes annonces du président de la République à ce sujet. En matière de compétitivité également, le syndicat a réitéré sa demande de simplification des démarches administratives « trop complexes et parfois redondantes ».
Outre ces dossiers ouverts de longue date, la question plus récente de la contractualisation dans le cadre de la loi de modernisation de l’agriculture en cours d’examen au Parlement a été évoquée. « Il faut préserver la liberté de choisir de l’éleveur et prendre en compte les spécificités de chaque filière », a déclaré le président du Snia.
Enfin, le président du Snia a conclu le congrès sur une avancée notable : celle de la réforme attendue et entrée en vigueur sur les étiquetages des aliments composés. « Le Snia souhaitait cette réforme (…). Ces dispositions vont rénover nos étiquettes et nous recommandons à nos adhérents de les appliquer à partir du 1er juillet prochain. » Le second semestre 2010 devrait par ailleurs, selon les prévisions du Snia, être en légère amélioration par rapport à l’année précédente. En effet, selon Stéphane Radet, directeur du Snia, « on espère une atténuation de la baisse de production au second semestre 2010 par rapport au second semestre 2009. »

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